Jugé le 26 mai dernier devant le tribunal judiciaire de Bayonne, cet homme de 28 ans fait face à un panel d'accusations pour avoir commis pas moins de 14 escroqueries dans le sud de la France. Déjà incarcéré pour un trafic de stupéfiants, il aurait agi sous la contrainte de tiers selon ses déclarations.
Menotté à son arrivée, il semble calme face aux juges. Les faits remonteraient à la période comprise entre janvier et août 2024, touchant des villes telles qu'Anglet, Tarbes, et même Toulouse. L'individu admet avoir utilisé des méthodes récurrentes pour acheter divers biens – voitures, scooters, voire du matériel professionnel – avec des chèques qui, par la suite, se sont avérés sans provision, causant un préjudice estimé à près de 166 000 euros. Au tribunal, il déclare : "Escroquer des gens, ça ne m’a pas plu".
Une sortie de garde à vue comme point de bascule
Le prévenu localise l'origine de ses actions au mois de décembre 2023, lorsque, après une garde à vue dans une affaire de drogue, il se retrouve sous contrôle judiciaire. Il affirme avoir reçu des menaces sur les réseaux sociaux, lui demandant jusqu'à 150 000 euros sous prétexte de frais de justice.
Lors de l'audience, il évoque avoir été menacé même devant chez lui, ce qui l'aurait poussé à se déplacer à Castres. Le procureur confirme qu'une plainte a été déposée, corroborant les dires du prévenu.
Entre discours de réinsertion et soupçons de manipulation
Au fur et à mesure que le procès avance, un portrait nuancé du prévenu émerge. Avant son incarcération, il avait un emploi stable et était père d'un enfant de 15 mois – des éléments qui auraient pu jouer en sa faveur. Malgré son statut, des victimes remettent en cause sa version des faits, évoquant une méthode bien orchestrée: manipulation, rendez-vous chez la banque, encaissement de chèques, puis opposition bancaire quelques heures plus tard.
Le procureur prévient d'une interprétation trop indulgente du dossier, précisant : "Il ne faut pas se tromper sur sa qualité de personne". En conséquence, le parquet requiert 15 mois d'emprisonnement en complément de sa peine actuelle.
Finalement, le tribunal reconnaît le prévenu coupable, le condamnant à 24 mois de prison, dont 12 avec sursis, en plus d'une obligation de travail et de remboursement des victimes. Ce verdict pose la question d'une réinsertion efficace face à des structures de manipulation qui persistent.







