La start-up PimpUp, qui se consacre à la vente de fruits et légumes "moches", traverse une période de restructuration significative. En effet, la société montpelliéraine a été placée en redressement judiciaire fin 2025, et elle met en place des mesures afin d'assurer sa rentabilité économique.
Le gaspillage alimentaire représente un défi de taille en France, où plusieurs tonnes de denrées parfaitement consommables finissent souvent à la poubelle. Ce fléau, chiffré à 16 milliards d'euros par an, attire de nouveaux acteurs au sein de l'économie circulaire, comme l'indique une étude du ministère de l'Agriculture.
PimpUp propose des paniers de fruits et légumes de saison, ainsi que des œufs et d'autres produits d'épicerie issus de surplus ou de rejets de tri par les producteurs. "Nous rachetons ces produits pour les commercialiser auprès de nos clients via différents points relais ou directement en entreprise," précise Manon Pagnucco, cofondatrice de l'entreprise. À l'heure actuelle, PimpUp dessert Montpellier, Nîmes, Toulouse, Marseille, Bordeaux et Aix-en-Provence, avec des projets d'expansion dans la capitale.
Malgré une croissance apparente, l'entreprise a dû demander un redressement judiciaire en novembre dernier, marquant une étape nécessaire pour faire face à un besoin urgent de financement de plusieurs millions d'euros, inadéquat dans un contexte économique difficile.
"Le redressement judiciaire est une étape cruciale pour éviter la liquidation," souligne encore Manon Pagnucco. Cette démarche légale permet à la start-up de suspendre ses dettes existantes, favorisant ainsi un rétablissement rapide de sa rentabilité.
Un virage stratégique vers la rentabilité
La nouvelle stratégie de PimpUp se construit autour d'une selective d'investissement. La cofondatrice a choisi de diminuer les dépenses marketing pour privilégier la fidélisation des clients et l'augmentation du panier moyen, tout en optimisant la logistique sur le territoire régional.
Le développement de l'entreprise s'oriente également vers le secteur professionnel. En installant des points de retrait en entreprise, PimpUp peut mutualiser ses transports. "Cette approche B2B nous permet de toucher une clientèle plus stable et investie," affirme Pagnucco.
De plus, l'innovation technologique joue un rôle essentiel dans ce redressement. La start-up automatise ses opérations à l'aide de logiciels spécifiques, permettant ainsi de réduire les coûts fixes. La cofondatrice mise sur cette efficacité opérationnelle pour tendre vers un équilibre financier.
Consolider l’ancrage régional et technologique
Pour atteindre la rentabilité d'ici 2026, la société a réalisé des choix structurels judicieux. L'enjeu consiste à adapter son organisation au marché du capital-risque en visant plutôt des modèles autosuffisants que de céder à la course effrénée à l'acquisition.
Implantée en Occitanie, la start-up maintient des liens étroits avec les agriculteurs, garantissant ainsi des revenus supplémentaires pour ses exploitations partenaires. Ce réseau de proximité constitue un pilier fondamental du concept que Pagnucco souhaite préserver.
"Nous sommes dans une phase de reconstruction indispensable pour transformer un projet prometteur en une entreprise solide et durable," conclut-elle avec enthousiasme.







