L'Inde et l'Union européenne (UE) ont officialisé ce mardi la finalisation d'un accord de libre-échange qui était en négociation depuis plus de deux décennies. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, se réjouit de la diversité des perspectives économiques qu'il engendre.
Face à un contexte géopolitique mouvant, cet accord vise à renforcer la position des deux entités face à la concurrence croissante de la Chine et aux répercussions des tensions commerciales avec les États-Unis.
Modi a affirmé, lors d'une allocution à New Delhi avant une rencontre avec Antonio Costa, président du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, que cet accord était « l'accord de tous les accords ». Ce traité devrait créer de nombreuses possibilités pour les 1,4 milliard d'Indiens et les millions d'habitants de l'UE, englobant près de 25 % du PIB mondial et un tiers du commerce international.
Les discussions ont culminé au cours des derniers jours, permettant de surmonter lesFreins initiaux. L'Inde et l'UE envisagent que cet accord stimule le commerce, en réduisant les tarifs douaniers dans divers secteurs. En 2024, les échanges entre les deux entités devraient atteindre 120 milliards d'euros pour les biens, marquant une hausse de près de 90 % en dix ans, ainsi que 60 milliards d'euros pour les services, selon des sources de l'UE.
Bruxelles voit avec intérêt un marché immense, celui de l'Inde, pays le plus peuplé de la planète avec ses 1,5 milliard d'habitants et une croissance impressionnante de 8,2 % au dernier trimestre. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l'Inde devrait devancer le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale en 2023, avec des prévisions encore plus prometteuses avant 2030.
D'autre part, New Delhi considère l'UE comme un partenaire clé, notamment pour les technologies nécessaires à sa modernisation et la création d'emplois.
Ursula von der Leyen a souligné l'ampleur de l'accès accordé sur le marché indien, d'ordinaire rất protégé, mentionnant une double hausse envisagée pour les exportations européennes. « Nous allons obtenir un avantage compétitif significatif dans plusieurs secteurs essentiels », a-t-elle déclaré.
En échange d'une plus grande ouverture de l'Inde vers les voitures et vins européens, les textiles et médicaments indiens bénéficieront d'un meilleur accès sur le marché européen.
New Delhi et Bruxelles s'apprêtent également à signer un accord sur la mobilité des travailleurs saisonniers ainsi que la collaboration entre étudiants, chercheurs et professionnels hautement qualifiés, en plus d'un pacte en matière de sécurité et de défense.
« L'Inde et l'Europe ont fait un choix clair pour un partenariat stratégique qui favorise le dialogue et l'ouverture », a affirmé von der Leyen sur les réseaux sociaux, soulignant que cet accord propose une alternative dans un monde en division. En ce qui concerne la défense, New Delhi change de cap vis-à-vis de ses fournisseurs traditionnels, alors que l'Europe s'efforce de diversifier ses propres partenariats.







