Le président américain, Donald Trump, se prépare à se rendre mercredi à Davos pour un face-à-face avec les leaders européens, alors que sa déclaration d'intentions concernant une éventuelle annexion du Groenland suscite une frénésie diplomatique. Ce projet, lié à la sécurité et aux ressources, pourrait mettre à mal l'alliance transatlantique.
Avant de quitter la Maison Blanche pour cet événement prestigieux, Trump a critiqué les Européens avec verve, ajoutant une note d'ironie : "Je vais dans un endroit magnifique en Suisse, où je suis sûr d’être très bien accueilli." Lorsqu'interrogé sur les mesures à prendre pour acquérir le Groenland, il a répondu mystiquement : "Vous le découvrirez." Comme le rapportent plusieurs médias, y compris Le Monde, Trump tentera de profiter de cette réunion pour renforcer sa position face à l'Union européenne, déjà fragile en raison des tensions commerciales.
L’économie américaine, déjà affaiblie par la hausse du coût de la vie, devrait également être au cœur de l’allocution de Trump, prévue à 14h30 (GMT). Le président a indiqué qu’il consacrerait plusieurs rencontres à la question du Groenland.
Les implications géostratégiques de la proposition de Trump ne sont pas à prendre à la légère. Le Groenland, riche en minerais, est considéré par les États-Unis comme crucial pour contrer l’influence croissante de la Russie et de la Chine dans l’Arctique. Avec l’ouverture de nouvelles routes maritimes dues à la fonte des glaces, la compétition pour les ressources s’intensifie.
Face à ces enjeux, les réactions des dirigeants européens n’ont pas tardé. Emmanuel Macron, par exemple, a condamné les menaces de Trump d'imposer des droits de douane additionnels à des pays européens, les qualifiant d’"inacceptables". Dans son discours, il a promis de résister aux tentatives de domination américaines, ajoutant que l’Europe doit montrer un front uni face à l’intimidation.
Du côté du Groenland, le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen a appelé ses concitoyens à rester vigilants, tandis que des voix comme celle du président lituanien, Gitanas Nauseda, soulignent qu'une telle manœuvre pourrait entraîner la fin de l'OTAN. En cela, le climat général de méfiance semble renforcer la nécessité d'une coopération européenne face aux défis posés par les États-Unis.
Dans une déclaration, le sénateur américain Thom Tillis, en voyage à Copenhague, a tenté de rassurer les alliés : "La situation s'apaisera avec le temps." Pourtant, l'inquiétude demeure palpable, tant chez les dirigeants européens que parmi les experts en politique internationale.
Jeudi, Trump devrait également dévoiler son "Conseil de la paix", projet qui vise à rivaliser avec les Nations Unies dans le domaine de la résolution des conflits, une ambition qui soulève déjà des interrogations chez les observateurs. Dans un contexte déjà tendu, l’invitation adressée à Vladimir Poutine pour participer aux discussions à Davos pourrait également aggraver les relations avec les alliés qui soutiennent l'Ukraine dans le conflit actuel.
En somme, Davos se présente comme un théâtre de tensions, où la question du Groenland est loin d'être périphérique. Les manœuvres de Trump pourraient non seulement redéfinir l’alliance transatlantique mais aussi influencer les relations internationales pour les années à venir.







