Suite à une mobilisation massive à Verdon-sur-Mer, des ONG et des parlementaires ont lancé un appel urgent pour un moratoire de 10 ans concernant l'implantation de fermes-usines destinées à l'élevage de saumons. Ce mouvement, porté par une forte présence citoyenne, intervient à deux jours d'une manifestation où des centaines d'opposants se sont rassemblés pour exprimer leurs craintes sur l'impact environnemental de ces projets.
Ce moratoire viserait particulièrement le projet controversé de la société Pure Salmon, qui prévoit de produire 10 000 tonnes de saumon par an sur le terminal portuaire de Verdon-sur-Mer. Ce projet, soutenu par un fonds d’investissement singapourien, susciterait des inquiétudes quant à ses conséquences sur l’un des estuaires les plus précieux d’Europe. En effet, l'élevage intensif de saumons est souvent critiqué pour sa consommation massive d'eau et d'énergie, ainsi que pour les risques de pollution qui pourraient affecter la biodiversité locale.
Les élus soulignent que 99 % du saumon consommé en France provient de l'importation, plaidant ainsi pour une autonomie alimentaire à travers un modèle d'élevage plus durable. "Il est crucial d'évaluer les impacts réels et les alternatives à ce type de projet qui menace notre environnement", a déclaré la députée LFI Anne Stambach-Terrenoir, qui fait partie des voix appelant à cette initiative.
Malgré les promesses de Pure Salmon d'un projet "respectueux de l'environnement" et la création potentielle de 250 emplois, de nombreux experts demeurent sceptiques. Ils mettent en garde contre les dangers du processus de surpêche qui alimente ces fermes, en utilisant des farines de poisson provenant de l'Afrique de l'Ouest, ainsi que du soja produit en Amérique du Sud, souvent associé à des pratiques agricoles destructrices.
Le débat s'intensifie, avec des opinions divergentes sur les bénéfices économiques d'un tel projet face aux risques écologiques. D'après des avis d'agences environnementales, la communauté de communes avait voté quasi à l'unanimité en faveur de la construction de l’usine, un choix qui semble aujourd'hui de plus en plus contesté.
En réponse à cette contestation croissante, les parlementaires et ONG appellent la ministre de la Mer, Catherine Chabaud, à prendre position contre ces élevages, plaidant pour un réexamen des normes en vigueur. Alors que les inquiétudes se développent autour des impactos sur le secteur de la pêche et la conchyliculture locales, il semble que le futur de ces projets soit désormais en suspens.
La pression publique et les contributions défavorables lors de l'enquête publique, qui ont dépassé les 20 000, plaident en faveur d'une réévaluation approfondie des projets d'élevage intensif de saumons.







