En 2025, les entreprises du CAC 40 ont investi la somme stupéfiante de 34,8 milliards d'euros dans les rachats et destructions d'actions, d'après un rapport de la lettre Vernimmem. Ce montant représente presque la moitié des dividendes distribués cette même année, fixés à 72,8 milliards d'euros.
Cette stratégie, qui consiste à racheter des actions pour les annuler et ainsi faire monter la valeur des titres restants, soulève des questions éthiques. En effet, à travers cette pratique, les entreprises semblent privilégier la satisfaction des actionnaires, au risque de négliger le bien-être de leurs employés. Comme l'explique Vincent Drezet, fiscaliste chez Attac, : « Racheter ses propres actions pour les détruire envoie le signal qu’on n’a pas de projet ou de vision à long terme. »
Les géants comme TotalEnergies, Axa, Sanofi et LVMH figurent parmi les plus actifs dans cette politique. Les critiques abondent, même chez certains économistes libéraux, qui considèrent que ces milliards pourraient être mieux utilisés, comme l'indiquent des analyses d’Oxfam. Selon eux, cette approche révèle un manque d'ambition et de perspectives à long terme pour ces entreprises.
Néanmoins, la lettre Vernimmem soutient que ces firmes génèrent d'importants capitaux issus de résultats, jugés excédentaires au regard de leur croissance. Elles arguent qu'il est plus judicieux de distribuer ces bénéfices aux actionnaires plutôt que de les dilapider en investissements peu productifs.
Ce discours ne fait cependant pas l'unanimité parmi les salariés. La situation des employés de LVMH, frappés par la suppression de primes de participation, en est un parfait exemple de cet affrontement entre les intérêts des actionnaires et ceux des travailleurs.
De plus, pour les dirigeants de ces grandes entreprises, le climat est tout aussi favorable. Les données d'Oxfam révèlent que plus de 67 % de la rémunération des patrons du CAC 40 est liée aux performances financières à court terme, influencées par ces rachats d'actions, ce qui alimente encore davantage leur pouvoir.







