La Chine s'apprête à annoncer une croissance d'environ 4,9 % en 2025, le plus faible chiffre depuis 1990, à l'exception des épisodes de pandémie. Cette situation est largement attribuée à une crise immobilière prolongée, une consommation des ménages stagnante et un investissement en régression, malgré des exportations robustes et un objectif gouvernemental de 5 %.
Selon les prévisions recueillies auprès d'analystes par l'AFP, la deuxième économie mondiale fait face à d'importants défis. Le marché immobilier est englué dans une crise de la dette persistante, la consommation reste modeste, et les relations commerciales avec les États-Unis ont été entravées par des droits de douane rétablis par l'administration Trump. Le président Xi Jinping a toutefois affirmé récemment que les objectifs de croissance pour l'année seraient probablement atteints, même si les indicateurs sur le terrain montrent un climat de pessimisme prégnant.
Les analystes de Goldman Sachs notent qu'aucun signe favorable ne pointe vers un rebond rapide dans le secteur immobilier, et l'investissement dans les infrastructures a chuté, enregistrant une baisse significative. Les collectivités locales, affaiblies financièrement, continuent de restreindre les investissements nécessaires dans le secteur manufacturier.
Les exportations chinoises, tout en affichant de solides performances sur certains marchés, ont vu une chute de 20 % de leurs ventes vers les États-Unis en raison de la guerre commerciale. Cependant, l'excédent commercial total pourrait atteindre un record historique de 1.200 milliards de dollars, ce qui offre une lueur d'espoir dans un tableau économique sinon sombre. Erin Xin, analyste chez HSBC, envisage un potentiel rebond économique grâce à des mesures de soutien budgétaire.
La consommation des ménages demeure préoccupante. Les ventes au détail ont été faibles, illustrant une prudence généralisée parmi les consommateurs chinois face à la situation économique actuelle. Comparativement, la consommation ne représente que 32 % du PIB chinois, contre 55 % en France et 64 % aux États-Unis, ce qui souligne un besoin urgent de transition vers un modèle économique axé sur la demande intérieure. Les critiques sur la politique économique actuelle se font de plus en plus présentes, de nombreux économistes appelant à une politique de relance plus audacieuse pour stimuler la consommation.
Alors que les attentes pour 2026 demeurent incertaines, l'économie chinoise est à un carrefour critique, et des mesures devront être prises pour naviguer au milieu des turbulences économiques persistantes.







