Sans surprise, le gouvernement français a dû faire face à l'inéluctable réalité: les discussions autour du budget échouent, la nécessité d'un choix stratégique se profile à l'horizon. Le président Emmanuel Macron et le ministre des Comptes publics, Stanislas Lecornu, s'opposent vivement sur la meilleure manière de procéder pour mettre fin à l'impasse budgétaire.
Deux voies s'offrent à eux: activer le 49.3, qui pourrait entraîner une crise politique sévère, ou opter pour des ordonnances, évitant ainsi de soumettre le budget à un vote parlementaire. Comme l'a noté Le Monde, chaque décision entraîne des conséquences majeures sur la scène politique française et la stabilité du gouvernement.
Le recours au 49.3 est une manoeuvre à double tranchant; chaque engagement de responsabilité expose le gouvernement à des motions de censure. Ainsi, les chefs de file d'opposition préparent leurs offensives, prêts à tirer profit d'un éventuel effondrement du gouvernement. La tension monte alors que les chefs de file politiques se préparent à des débats houleux et des scrutins cruciaux, comme l'indique un article du Figaro.
À l’inverse, choisir les ordonnances, bien qu'inédit pour un budget, offrirait une bouée de sauvetage à l'exécutif. En vertu de l'article 47 de la Constitution, le gouvernement peut mettre en œuvre le budget en l'absence d'accord parlementaire dans un délai de 70 jours. Cela permettrait de maintenir le cadre budgétaire sans risquer la chute du gouvernement. Cependant, cet outil a toujours été considéré comme une façon de contourner le parlement, suscitant des débats au sein de l'exécutif, comme l’a rapporté France 24.
Malgré le soutien de Macron pour cette approche, Lecornu reste sceptique, craignant des répercussions sur le long terme. Dans la Ve République, le président détient cependant le dernier mot. En avoir recours pourrait signifier un retour à un budget beaucoup moins flexible, soulignant ainsi la fracture qui existe chez les membres du gouvernement.
La décision doit être prise rapidement, car la France se prépare à assumer la présidence du G7 en février, plaçant ainsi Macron sous pression pour montrer un gouvernement fort et stable lors de discussions diplomatiques majeures. Comme l’a souligné un économiste en politique publique, "le moment est critique : le choix se résume à défendre une vision ou à céder face aux turbulences politiques". Le verdict final sera pris mardi, mais une chose est certaine: les enjeux sont colossalement élevés.







