Lorsque le mercure grimpe, la motivation au travail peut rapidement s’évanouir. Souhaitez-vous bénéficier d'options de télétravail pour profiter de la fraîcheur de votre domicile, ou réclamer l'activation complète de la climatisation ? Voici ce que vous pouvez demander à votre employeur.
La hausse des températures affecte la concentration des employés. Quelle est donc la marge de manœuvre pour exiger de votre entreprise l'installation de climatiseurs ou des jours de télétravail supplémentaires ?
Nous avons interrogé Saber Zouggarh, président de la section Languedoc-Roussillon de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), sur ces précieuses questions.
Fortes chaleurs et télétravail : que pouvez-vous exiger ?
"Depuis le Covid, les entreprises ont largement évolué en matière de télétravail, adoptant soit des accords d’entreprise, soit des chartes régissant le télétravail", affirme-t-il. Les conditions climatiques extrêmes comme les vagues de chaleur sont souvent intégrées dans ces discussions.
Selon lui, "notre référence pour juger du caractère 'exceptionnel' des conditions climatiques reste Météo-France". En effet, un épisode de chaleur est considéré comme intense dès que la vigilance jaune est déclarée par cet organisme. Ainsi, lorsque les missions peuvent être effectuées à distance, l'employé a le droit de demander des jours de télétravail 'exceptionnels'. En alternative, une 'réorganisation du travail' peut également se mettre en place, par exemple, commencer plus tôt le matin pour finir plus tôt.
Cela est particulièrement pertinent pour les secteurs extérieurs, comme le BTP, où le télétravail n'est pas envisageable. Les salariés de ce secteur peuvent également prétendre à un maintien de salaire lorsque les alertes sont à niveau orange ou rouge. Un arrêt de travail dû à des conditions climatiques extrêmes est alors considéré comme 'indépendant de la volonté' du salarié, précise Saber Zouggarh.
Bureau sans eau ni climatisation : quelles obligations pour l’employeur ?
À cette période de l'année, il n'est pas rare que la climatisation ne soit pas encore en marche dans les bureaux, avec une température intérieure qui peut rapidement devenir insupportable. L'entreprise doit obligatoirement évaluer les risques auxquels ses employés sont exposés, comme l'exige le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP).
"Si le risque chaleur est identifié, des mesures préventives doivent être mises en œuvre", rappelle Saber Zouggarh. La climatisation fait partie de ces dispositifs, tout comme l'obligation de fournir 'au moins 3 L d’eau fraîche et potable pour chaque salarié' en l'absence d'eau courante.
Il est également important de noter que 'si un salarié est au courant de mesures de prévention détaillées dans le DUERP qui ne sont pas respectées, il a tout à fait le droit de demander à son employeur de mettre en place les moyens convenus'. Il n’existe aucune raison valable pour l'employeur de refuser la mise en œuvre de recommandations qu'il a lui-même identifiées.
"Je conseille fortement aux employés de se renseigner sur leurs droits pour être protégés", conclut Saber Zouggarh. L'objectif est donc de 'préserver à la fois la santé du salarié et la continuité de l'activité de l’entreprise en maintenant le salarié à son poste'.







