Dong Guangping, défenseur chinois des droits humains, a été interpellé en Corée du Sud après avoir traversé la mer à bord d'un canot pneumatique. Son avocat a révélé ce mercredi que l'arrestation a eu lieu après une fuite audacieuse de la Chine.
Dong, âgé de 68 ans, a été repéré par les autorités sud-coréennes alors qu'il dérivait sur un canot de 3,3 mètres, équipé d'un moteur de 9,9 chevaux, au large du pays. Suite à son interception, il a été conduit pour un interrogatoire, soupçonné de violer les lois sur l'immigration. Son avocat, Kim Joo-kwang, a confirmé son identité, tout en indiquant qu'il pourrait demander l'asile politique en Corée du Sud.
Un parcours marqué par la dissidence
Ancien policier, Dong Guangping s'est fait connaître par son opposition au Parti communiste chinois et son engagement en faveur des droits humains. Après avoir signé une pétition pour des réformes politiques, il a été renvoyé de la police et emprisonné pendant environ trois ans pour avoir prétendument incité à la subversion du pouvoir d'État, selon Human Rights in China. Ce groupe précise que Dong a également été emprisonné à plusieurs occasions, notamment en 2014 à cause de son activisme en lien avec les événements de Tiananmen en 1989.
« Dong a mentionné qu'il était inconscient en arrivant dans les eaux sud-coréennes. Il n'avait pas dormi pendant plus de cinquante heures et était en mer depuis plus de trente heures », a rapporté Sheng Xue, une activiste prodémocratie basée au Canada.
Sa famille, qui s'est installée au Canada après avoir fui vers la Thaïlande, l'attend avec impatience. Malheureusement, Dong a été remis à la police chinoise en 2015, malgré sa reconnaissance comme réfugié par l'ONU, et il a purgé sa peine jusqu'en 2019. Cette situation critique, combinée à une surveillance policière constante, l'a poussé à fuir à nouveau dans l'espoir de retrouver sa famille.
Sheng Xue a précisé que Dong avait préparé soigneusement son départ de Weihai, en Chine, avant de prendre la mer. Son canot a été repéré par des pêcheurs, qui ont alerté les autorités. Ce type de fuite n’est pas nouveau pour lui; il a tenté plusieurs fois de quitter la Chine, y compris lors d'une tentative de nage en 2019 qui a failli le coûter la vie.
Des tentatives de fuite répétées
Sa dernière traversée fait écho à d'autres histoires de dissidents tentant de fuir le régime chinois. En Corée du Sud, les demandes d'asile acceptées sont restées très limitées, malgré des milliers de demandes, ce qui soulève des critiques sur la rigueur des contrôles et des procédures.
Le parti d’opposition conservateur, Pouvoir au peuple, a appelé le gouvernement sud-coréen à assurer la protection de Dong, affirmant que des mesures humanitaires rapides devraient être prises pour lui permettre d'arriver en toute sécurité au Canada. Le porte-parole du parti a souligné l'importance de soutenir ceux qui risquent leur vie pour fuir des régimes répressifs.







