Un jury fédéral américain a rendu son verdict ce vendredi en acquittant Boeing dans le cadre d'un procès intenté par la compagnie aérienne polonaise LOT. Cette dernière avait réclamé 250 millions de dollars en dommages et intérêts, affirmant que l'immobilisation des avions 737 MAX, survenue pendant 20 mois, lui avait causé des pertes financières considérables.
LOT avait accusé Boeing de fraude, soutenant que l'avionneur avait proféré des « déclarations mensongères » concernant la sécurité de ses appareils, comme le détaillait la plainte déposée en 2021. Cependant, le jury, ayant examiné les preuves présentées lors de l'audience à Seattle, a conclu que Boeing n'était pas coupable de ces allégations, une décision saluée par un porte-parole de l'entreprise. « Nous sommes satisfaits du verdict du jury en notre faveur », a-t-il déclaré à l'AFP.
L'immobilisation des 737 MAX avait été ordonnée par l'Administration de l'aviation civile américaine (FAA) à la suite des accidents tragiques survenus en 2018 et 2019, qui ont coûté la vie à 346 personnes. Boeing avait reconnu que des défauts dans un logiciel anti-décrochage avaient contribué à ces drames.
En parallèle, LOT n'est pas la seule à avoir attaqué Boeing en justice. Des dizaines de plaintes ont été déposées par des familles de victimes, la majorité ayant été réglées par des accords financiers. Une cour de Chicago a accordé récemment 49,5 millions de dollars aux proches d'une jeune femme tuée dans l'accident d'Ethiopian Airlines.
La bonne fortune de Boeing lors de ce procès pourrait influencer d'autres actions judiciaires en attente, notamment un procès prévu le 3 août concernant le décès d'un passager du même vol. Les experts du secteur estiment que ce verdict pourrait également servir d'exemple dans le cadre d'autres litiges liés à l'immobilisation du 737 MAX et à la gestion de la sécurité aérienne.
L'affaire des 737 MAX a non seulement marqué un tournant dans l'histoire de Boeing, mais a également soulevé des préoccupations majeures pour l'ensemble du secteur aéronautique, en mettant en lumière les enjeux de communication et de transparence dans un domaine où la sécurité est primordiale. Selon des spécialistes en aviation, la confiance du public et des compagnies aériennes envers les fabricants d'avions, notamment après des accidents tragiques, est désormais plus fragile que jamais.







