La faillite de Ynsect, qui a profité de 148 millions d'euros d'aides publiques, a jeté un doute sur l'avenir de l'élevage d'insectes. Cependant, Agronutris et Innovafeed, les deux acteurs restant, soutiennent avoir réussi leur transition vers une production à grande échelle.
"Notre modèle est considéré comme rentable par nos investisseurs privés. Nous avons un bon marché", affirme Cédric Auriol, directeur général d'Agronutris.
Agronutris et Innovafeed se sont concentrés sur la production de farines d'insectes destinées à l'alimentation animale, soulignant un écart significatif en termes de coûts et d'impact environnemental par rapport à Ynsect. "Nos clients acceptent de payer un peu plus cher pour des produits plus durables", ajoute Auriol.
Des millions d'euros en soutien public
Cependant, la viabilité de ces deux entreprises est remise en question par un rapport récent réalisé par Julie Coumau et Tom Bry-Chevalier, qui soutiennent que les farines d'insectes pourraient émettre plus de gaz à effet de serre que leurs équivalents traditionnels. Ce rapport révèle également que la filière a reçu des financements publics importants sans avoir encore démontré ses capacités de rentabilité.
Aude Guo, cofondatrice d'Innovafeed, rétorque que leur entreprise a multiplié par dix ses volumes de production tout en réduisant ses coûts par sept. "Moins de 3 % de notre financement provient d’aides publiques", précise-t-elle.
"Nous avons beaucoup à apprendre des échecs tels qu'Ynsect, mais nous ne pouvons pas abandonner nos efforts."
Le chemin reste semé d'embûches. Agronutris a rencontré des difficultés après une levée de fonds de 100 millions d'euros dans le cadre du programme France Relance, mais a récemment trouvé un nouvel investisseur pour continuer ses activités.
Les deux entreprises s'accordent à dire que la faillite d'Ynsect a eu un impact négatif sur l'investissement public dans le secteur, surtout face à des pays comme la Chine qui investissent massivement dans l'élevage d'insectes.
"Sans soutien public, il sera difficile de consolider cette industrie innovante", conclut Guo.







