Dans sa dernière lettre adressée au président de la République, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a exprimé sa confiance dans la capacité économique de la France à "éviter la récession" d'ici 2028, malgré les turbulences géopolitiques en cours, notamment au Moyen-Orient.
Il a reconnu que la croissance était restée nulle au premier trimestre, comme l'a révélé l'Insee, tandis que l'inflation a grimpé de 1,1 % sur un an en février à 2,5 % en avril. Cependant, il reste optimiste, estimant que la France devrait maintenir une "croissance ralentie mais positive" au cours des prochaines années.
Dans son analyse, M. Villeroy de Galhau prévoit que l'inflation, après un pic en 2026, retournera sous la barre des 2 %. Il appelle à une préparation prudente face à l'imprévisibilité des développements économiques, en s'appuyant sur les trois scénarios élaborés par la Banque de France.
Dans le pire des cas, la croissance pourrait atteindre 0,3 % cette année, avec une inflation moyenne estimée à 3,3 %. Le gouverneur insiste également sur le fait que les mesures d'aide liées à la flambée des prix des carburants doivent être "temporaires et extrêmement ciblées", afin d'apporter un soutien efficace à ceux qui en ont besoin.
Dans cette lettre, qu'il qualifie de testament de son mandat, Villeroy de Galhau souligne une analyse inédite des performances économiques françaises au cours des quinze dernières années. Selon lui, la croissance annuelle moyenne a été de 1,1 %, un chiffre proche de la moyenne de la zone euro, mais nettement inférieur à celui des États-Unis, qui s'établit à 2,3 %.
Malgré les défis posés par les "mauvaises finances publiques" qu'il juge crucial de redresser, il évoque les forces intrinsèques du pays, notamment des finances privées solides tant pour les entreprises que pour les ménages.
"La France pourrait, en moins de dix ans, accroître sa croissance potentielle de 1 % à 1,5 %, ce qui bénéficierait à l'emploi, au pouvoir d'achat et aux finances publiques. Il faut cependant savoir transcender les polémiques éphémères", a-t-il affirmé.
M. Villeroy de Galhau lance un appel au "débat collectif", exhortant à une réflexion plus approfondie sur les modèles économiques de nos voisins afin d'établir des diagnostics fiables et des objectifs à moyen terme, une démarche qu'il espère voir reflétée dans cette lettre.







