Bien que le conflit en Ukraine se déroule loin du Golfe Persique, il se rattache intimement aux tensions au Moyen-Orient. Le blocage du détroit d'Ormuz, conséquence directe des frictions entre les États-Unis et l'Iran, profite à une Russie autrefois affaiblie.
Le 4 mai, alors que la marine américaine initialise l'escorte de navires dans la région, le bras de fer entre Washington et Téhéran cache un autre affrontement crucial entre la Russie et l'Ukraine.
Suite à la hausse des prix des matières premières, provoquée par le blocage iranien, les revenus d'exportation de pétrole brut de la Russie ont presque doublé en l'espace d'un mois, comme le souligne Russia Fossil Tracker. Cette évolution s'applique également au charbon et au gaz naturel liquéfié.
Un butin injecté dans l'effort de guerre russe
Cette augmentation des revenus est également favorisée par la levée temporaire des sanctions américaines, permettant à Moscou de vendre des millions de barils emmagasinés. Pour la Russie, cela représente une opportunité inespérée, surtout à un moment où son économie traverse ses périodes les plus difficiles.
Bien que la montée des prix du pétrole ait ralenti en avril, cette nouvelle manne nourrit directement l'effort de guerre russe. En conséquence, l'Ukraine a redoublé d'efforts dans sa stratégie d'attaques ciblées, qui visent depuis plus d'un an les installations pétrolières. Plus de 200 frappes ont eu lieu en 2025, toutes visant à altérer les capacités d'exportation russes et à créer des pénuries.
Les frappes se sont intensifiées depuis fin février, touchant des cibles à plus de 1 500 km de l'Ukraine. Depuis le 18 avril, plusieurs dépôts ont été frappés, y compris les terminaux de Touapsé et de Perm, deux sites représentant 10 % de la production pétrolière russe.
Une stratégie qui marche ?
Évaluer les dégâts précis reste complexe, la situation étant enveloppée de secrets. Néanmoins, certaines images divulguées suggèrent des dégâts significatifs, notamment un épais nuage toxique sur la région de Touapsé, où un incendie majeur a mené au déclenchement de l'état d'urgence.
Dans un message du 1er mai, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré avoir causé 7 milliards de dollars de pertes à la Russie depuis le début de l'année. "Nous appliquons nos propres sanctions", a-t-il ironisé, promettant d'intensifier les attaques contre cette source de revenus vitale pour le Kremlin.







