L'entreprise bordelaise H&A, spécialisée dans la location de barriques de vin, a été déclarée en liquidation judiciaire le 1er avril dernier par le tribunal de commerce de Bordeaux. Cette annonce jette une ombre sur l’ensemble de la filière viticole en Gironde, déjà en proie à des difficultés croissantes.
Fondée il y a plus de 20 ans, H&A a longtemps été une référence pour les vignerons recherchant des solutions de stockage. En gérant un million de barriques pour près de 2 000 clients, cette entreprise a joué un rôle clé dans l'industrie du vin. Cependant, la crise viticole, accentuée depuis 2024 par une chute des volumes produites, a laissé H&A dans des eaux troubles.
Dans un communiqué publié fin mars, l'entreprise a déploré le ralentissement du marché, déclarant : "La baisse des volumes commercialisés a gravement touché nos opérations". Malgré les efforts pour restructurer l’entreprise l’été dernier, aucun plan solide n’a vu le jour, menant à la liquidation.
Près de 30 % des clients des tonnelleries girondines passent par H&A pour la location de barriques, rendant la situation d’autant plus inquiétante. François Witasse, représentant du Syndicat des maîtres tonneliers et patron de la tonnellerie Demptos à Saint-Caprais-de-Bordeaux, a rappelé le stress que cela engendre : "Nos clients ont commencé à payer des loyers, mais tant que H&A ne nous a pas réglés, ces barriques restent notre propriété."
Conséquences sur les opérations
De nombreux domaines ont déjà réglé leurs commandes de fûts, face à cette défaillance, ils devront envisager d’autres solutions pour maintenir leur production. En cette période critique pour les finances des vignerons, les consultations juridiques et les négociations sont devenues monnaie courante.
Les experts et avocats n’excluent pas une reprise de l’activité. Olivier Bouru, avocat d’H&A, affirme que "cette entreprise est un acteur unique sans concurrence", justifiant ainsi les espoirs placés dans une possible reprise. Le tribunal a également décidé de maintenir l'activité jusqu’au 31 mai, laissant une chance aux potentiels repreneurs, qui ont jusqu'au 24 avril pour faire leurs offres.
Cette situation crée un climat d’incertitude au sein de l’écosystème viticole de Gironde. Tandis que la filière espère une issue favorable, il est évident que les défis à relever demeurent nombreux et complexes.







