Avec un Bac +5, près de 80% des jeunes diplômés estiment que leur recherche d’emploi est ardue. Dans un contexte économique tendu, un diplômé sur deux a été contraint de renoncer à son statut de cadre, alors qu’un jeune de moins de 25 ans sur cinq est au chômage.
Au Salon TAF, qui se déroule au Parc-Expo de Nîmes, les recruteurs et les formateurs sont réunis pour tenter d’apporter des solutions. Thomas, 24 ans et titulaire d’un Master 1 en défense internationale, est en proie au doute. Il cherche un poste temporaire en attendant une réponse pour un Master 2, mais sait que les places sont rares. En cas de refus, il envisage même un concours ou une reconversion vers l’armée, exprimant : "Le Bac +5 aujourd’hui, c’est l’équivalent d’un Bac +3 d'il y a quelques années". Les témoignages de ses amis, qui ont préféré reprendre des études pour obtenir une licence professionnelle, illustrent ce sentiment d'urgence.
Selon une étude de l'Apec, "les jeunes diplômés Bac +5 sont confrontés à une insertion professionnelle de plus en plus difficile, nécessitant des concessions importantes". En effet, le recrutement de cadres débutants a chuté de 16% en 2025 après une chute de 19% l’année précédente, ce qui laisse entrevoir un marché de l’emploi particulièrement tendu.
Anna, elle, se présente au salon avec son sourire et ses CV en poche. Spécialiste en ressources humaines, ce sont deux années d'alternance qui n'ont pourtant pas fait la différence. "Je pensais que ce serait plus facile. On me répète que je n’ai pas d’expérience, mais comment en acquérir sans opportunité ?", confie-t-elle. Malgré plusieurs entretiens restés sans suite, elle envisage de se tourner vers un emploi plus administratif ou même vers le secteur médical.
Nassim, 23 ans, aspire à lancer un "food truck social" dédié aux jeunes en situation de handicap. Cependant, son parcours dans le secteur de la restauration, où il a été exploité, lui laisse un goût amer : "Je travaillais 50 à 55 heures par semaine pour un salaire de 35 heures, et il y a eu même des incidents d'agression sexuelle", témoigne-t-il avec amertume. Pour lui, la voix du jeune diplômé est souvent ignorée, et il conclut : "Nous voulons juste être entendus et rémunérés à notre juste valeur".
Enfin, Théo, 25 ans, raconte la réalité des promesses non tenues en matière de salaire après avoir obtenu son Master en commerce. Il se débat maintenant avec des emplois précaires, qui ne correspondent pas à ses attentes : "On m’a demandé de me former gratuitement pendant quatre mois pour éventuellement avoir une opportunité". Avec beaucoup de ses camarades d’école partis à l’étranger ou en train de chercher des solutions alternatives, il garde espoir, mais avec un certain degré d’inquiétude : "Je pars avec un handicap face à des candidats plus expérimentés".
Au milieu de l’incertitude, ces jeunes diplômés continuent de se battre pour obtenir leur place sur un marché devenu hostile. "Il faut rester enthousiaste, ça nous garde en vie !" conclut Théo, déterminé à ne pas se laisser abattre malgré les défis.







