La hausse des prix des hydrocarbures, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, a occulté une autre préoccupation des marchés : les tensions croissantes entourant le crédit non bancaire. Récemment, Blue Owl, un acteur clé du secteur, a annoncé qu'il limiterait les retraits de ses investisseurs à 5 %, suite à des demandes significatives de certains grands comptes représentant plus de 20 % d'un de ses fonds.
Ce phénomène n'est pas sans précédent. D'autres géants comme Apollo Global et Blackstone ont également reçu des demandes de retrait similaires récemment, signalant une inquiétude accrue parmi les investisseurs. Le crédit privé, qui a prospéré ces dernières années, pose désormais la question des risques inhérents à un secteur largement moins régulé que les banques traditionnelles.
Une partie des fonds de crédits privés concernés a investi dans des entreprises de logiciels, qui se trouvent aujourd'hui en difficulté à cause des avancées en intelligence artificielle, entraînant une importante chute de leur valorisation boursière. Le département du Trésor américain a d'ores et déjà prévu une réunion avec des régulateurs, tant nationaux qu'internationaux, pour discuter des préoccupations autour des marchés de crédit privé dans les mois à venir.
Un suivi rigoureux de la Fed
Ces réunions, qui devraient s'étendre d'avril à l'été prochain, aborderont notamment la réglementation des assurances. Les récents échecs d'entreprises telles que First Brands et Tricolor ont également suscité une attention particulière sur ce secteur. Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan Chase, a averti : "Lorsque l'on voit un cafard, c'est qu'il y en a probablement d'autres."
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, a affirmé qu'il était essentiel de suivre de près cette situation, sans pour autant céder à la panique. Bien que la Fed surveille l'évolution du crédit non bancaire "de très près", il n'existe pour l'heure aucune preuve de risque systémique, la part de ce type de crédit représentant un faible pourcentage des actifs globaux. Chris Low, économiste à FHN Financial, a partagé un avis mitigé : "Il y a effectivement des problèmes de liquidité, mais cela n'impacte qu'une partie de l'activité économique."
Cette situation soulève des interrogations sur la santé du marché du crédit non bancaire, alors que les investissements y continuent de croître. Face à des inquiétudes croissantes, les acteurs du marché devront faire preuve de vigilance et de transparence pour naviguer dans ces eaux tumultueuses.







