Dans son bulletin de juin 2019, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) met en garde contre les risques liés à la confusion entre plantes comestibles et toxiques, ayant entraîné deux décès en deux ans. Voici un guide pratique pour vous orienter dans la nature.
Le mois dernier, un homme de 63 ans a perdu la vie après avoir ingéré de l'œnanthe safranée, la confondant avec du persil tubéreux. Un an auparavant, un randonneur avait fait l’erreur de consommer des feuilles d’aconit au lieu de couscouil. Les intoxications sont fréquentes : l’Agence régionale de santé (ARS) Grand-Est a rapporté récemment une vingtaine de cas de promeneurs confondant le colchique (colchicum autumnale) avec l'ail des ours (allium ursinum).
S'informer avant de partir en cueillette
L’Anses souligne les confusions les plus courantes : les feuilles (31 % des cas), les bulbes (17 %), les fruits et baies (13 % chacun), les graines (12,5 %) et les fleurs. Juliette Bloch préconise de se renseigner au préalable sur les plantes présentes dans la région. Un accompagnateur expérimenté ou un botaniste local peut grandement aider à identifier les spécimens comestibles.
Les distinctions entre plantes toxiques et comestibles ne reposent pas sur des critères fiables : la couleur ou le parfum ne sont pas indicatifs de leur dangerosité. Par exemple, l'ail des ours, qui dégage une odeur d'ail lorsqu’on le froisse, peut s'avérer nocif.
Photographier les plantes
Il est conseillé de photographier les plantes cueillies afin de faciliter leur identification en cas de problème. Sandra Sinno-Tellier précise que cela peut aider les centres antipoison à intervenir rapidement et efficacement. Contrairement aux champignons, il est préférable de ne pas demander conseil à un pharmacien, sauf s'il est également botaniste.
Ne pas attendre pour consulter
En cas de doute, consultez un médecin sans tarder. Les symptômes d'intoxication se manifestent souvent rapidement, avec des troubles digestifs qui peuvent engendrer une déshydratation. Certaines plantes, comme la digitale ou la belladone, affectent directement le cœur et le cerveau, rendant la situation plus critique. Grâce à ces conseils, vous pourrez profiter de votre cueillette en toute sérénité et savourer vos pissenlits en toute confiance.
(1) Pour plus d’informations, consultez le rapport complet de l’Agence régionale de santé (ARS) Grand-Est.







