À 650 km d’Achères, une habitante du Tarn-et-Garonne, Anne-Sophie, se bat pour récupérer son local commercial occupé illégalement par des familles de gens du voyage. Cela fait maintenant près de huit mois qu'elle essaie en vain de retrouver son bien, situé dans une zone d’activités proche de Poissy.
La situation a commencé en juillet dernier, lorsque l'agence immobilière, chargée par la famille de gérer le local, découvre des caravanes et des véhicules sur le parking. Le portail sécurisé a été forcé, marquant le début d'une série de coups durs pour la propriétaire.
Plaintes et démarches sans fin
Anne-Sophie, dans l’espoir de voir la situation se normaliser, dépose une plainte et engage un huissier. Les squatteurs, qui évoquent la fermeture d’une aire d’accueil, promettent de quitter les lieux sous dix jours. Cependant, leur départ n’est que temporaire. De nouvelles familles investissent les lieux peu de temps après, créant un cycle ininterrompu de squattage.
Malgré ses efforts pour sécuriser son bien, en cadenassant les entrées et même en y mettant des blocs de béton, elle découvre bientôt que sa propriété a été forcée à nouveau, les équipements volés. La propriétaire n'en peut plus et souligne le sentiment d'impuissance face à un système qui semble ne rien pouvoir faire pour protéger ses droits.
Un coût financier désastreux
En n’ayant pas pu louer son local, et avec des frais juridiques s'accumulant, Anne-Sophie estime ses pertes à 37 000 euros. Dans une ironie cinglante, elle souligne qu’au moins, le fisc sait où la trouver pour la taxe foncière.
Sa situation, qui contribue à un stress permanent pour sa mère âgée de 82 ans, l’a poussée à faire appel à plusieurs élus, y compris la députée Natalia Pouzyreff et le président du Sénat Gérard Larcher, afin d'attirer l'attention sur son calvaire.
Un phénomène répandu
La problématique du squattage n’est pas isolée dans le secteur, plusieurs entreprises voisines subissant également cette intrusion. La maire de Morainvilliers, Fabienne Devèze, fait état de la consternation face à cette situation, tout en reconnaissant les efforts de la communauté urbaine pour offrir des aires d'accueil. Malheureusement, ces infrastructures sont souvent sous-utilisées.
"Il y a beaucoup d’hypocrisie autour de cette question", déclare Devèze, soulignant la complexité d'une problématique qui semble échapper aux solutions rapides. La création d'une aire de grand passage, financée mais bloquée, reflète les tensions autour de cette question délicate.
Alors que le désespoir croît pour des propriétaires comme Anne-Sophie, il est évident que des actions plus concrètes sont nécessaires pour protéger les droits de propriété face à des occupations illégales.







