Ce jeudi matin, des agriculteurs de l'Hérault ont organisé une action surprise au port de Sète pour mettre en lumière la concurrence déloyale qui pèse sur leur activité. Contrôlant les camions aux entrées du port, ils ont exigé de vérifier l'origine des marchandises, notamment du soja importé d'Inde et de l'huile de colza, afin de dénoncer les différences de normes entre la France et d'autres pays européens.
« Stop, arrêtez-vous ! » a lancé l'un d'eux à un chauffeur de poids lourds, illustrant la fermeté de leur mobilisation. Selon Fanny Tamisier, vice-présidente de la FDSEA du Gard, les agriculteurs se battent contre une inégalité flagrante qui met en péril leur métier. « En Italie, par exemple, les exploitants ne sont pas soumis aux mêmes contraintes que nous. Les coûts de production y sont également beaucoup plus bas », a-t-elle déclaré.
Une présence significative d'environ soixante-dix manifestants a été notée, illustrant l'ampleur de la mobilisation. Ils sont également préoccupés par le transport de bovins, comme l'atteste Guillaume, un éleveur : « Près de 300 bêtes ont été observées dans des camions, prêtes à être transportées du Danemark au Maroc ». Cette situation a provoqué l'étonnement parmi les agriculteurs, appelés à se réunir pour défendre leur cause.
Les transporteurs de poids lourds ont été invités à ne laisser passer que les camions chargés de produits pouvant être fabriqués en France, tels que le colza. Rémi Dumas, président des Jeunes agriculteurs de l'Hérault, a précisé que cette action était aussi une manière de faire pression sur les autorités. « Nous avons eu des échanges constructifs avec les directeurs du port et des coopératives de transport », a-t-il ajouté, soulignant l'importance de la concertation.
Une perspective plus large : cette mobilisation au port de Sète met en avant des problématiques qui dépassent le cadre local. En France, les agriculteurs font face à une concurrence accrue due à la mondialisation et aux accords commerciaux. Les points soulevés mettent en relief la nécessité d'une régulation plus stricte pour protéger les exploitations françaises, une préoccupation que partageraient de nombreux acteurs du secteur.
En somme, alors que la mobilisation au port de Sète attire l'œil du public et des médias, elle témoigne aussi d'une frustration grandissante face à des injustices économiques qui pourraient mettre à mal la fiabilité de la production locale. Reste à voir quelles décisions seront prises par les instances concernées pour soutenir une agriculture durable et équitable.







