Originaire du Lot-et-Garonne, Jean-Claude Raspiengeas, ancien reporter à La Croix et chroniqueur à Sud Ouest Week-End, a récemment publié « La France à la carte », une exploration de l'histoire des cartes routières et des guides touristiques qui ont propulsé Michelin au sommet.
Ce récit passionnant incite à voyager avec une carte, plutôt qu’avec un GPS. Raspiengeas retrace notamment le parcours de Michelin, devenu indispensable pour les automobilistes, en leur fournissant des cartes à l’échelle idéale, un standard que l’on utilise toujours aujourd’hui. Ce pionnier a su allier innovation et besoin de mobilité.
Les routiers, malgré leurs GPS sophistiqués, continuent de se fier aux cartes papier. Selon le journaliste, cela s’explique par la méfiance envers des données parfois peu fiables. "Le GPS peut diriger un camion de 36 tonnes vers des routes non adaptées. D’où la nécessité de garder une carte à jour", explique un routier dans l’interview.
La toute première carte routière, datant de 1632, était rudimentaire. Les routes étaient peu nombreuses, et l'accent était mis sur les relais de poste plutôt que sur les chemins eux-mêmes. Jean-Claude Raspiengeas souligne que longtemps, ces cartes étaient davantage des œuvres d’art que des guides pratiques.
"Une carte routière, c’est de l'abstraction, c'est une évasion" - Jean-Claude Raspiengeas
Le géographe Yves Lacoste soulignait que la géographie est aussi une arme. En effet, jusqu’à l’avènement des voitures, les cartes étaient utilisées pour la stratégie militaire. Les Michelin, par leur expertise, ont facilité la circulation des automobilistes et ont établi un système de signalisation routière.
Concernant l’avenir de ces cartes, Raspiengeas reste incertain. Bien que les ventes aient chuté, Michelin témoigne encore d’un intérêt pour la conservation de ces chartes, les considérant comme partie intégrante du patrimoine collectif. Certains experts prévoient que d'ici quelques décennies, l'usage des panneaux routiers pourrait disparaître, au profit d’une navigation entièrement numérique.
Ainsi, le livre de Raspiengeas n’est pas qu’un simple hommage aux cartes ; c’est une réflexion sur notre rapport à la mobilité et à l'orientation, à une époque où la technologie change la nature même de nos déplacements.







