À Cahors, la construction d'une nouvelle caserne des pompiers suscite des préoccupations croissantes parmi les résidents du quartier. Bien que l'utilité du projet ne soit pas remise en question, de nombreux habitants dénoncent un déficit de communication et affirment que les travaux en cours ne correspondent pas aux informations fournies lors d'une réunion publique en 2023. Le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) a, pourtant, assuré rester disponible pour répondre aux questions des riverains.
Des talus inattendus suscitent des inquiétudes
"Nous ne sommes pas opposés à la construction de la caserne", précisent plusieurs riverains. Leur principal reproche concerne l'absence d'informations sur les aménagements réalisés, tels que les terrassements importants qui n'étaient pas clairement annoncés.
Les habitants ont constaté la création de talus atteignant plusieurs mètres de hauteur, limitant leur intimité et suscitant des craintes de dévaluation de leurs propriétés. Un résident a d'ailleurs exprimé : "On nous avait présenté de belles maquettes, mais rien ne laissait envisager un tel rehaussement du terrain".
Les conséquences des aménagements sur l'écoulement des eaux pluviales posent également question. Les riverains s'inquiètent d'un risque d'inondation dû à une rigole récemment réalisée, tandis que d'autres font état de nuisances temporaires, telles que la poussière et le bruit. Une habitante a même signalé des blocs de pierre et de terre glissant jusqu'à son jardin.
Un dialogue rompu entre riverains et SDIS
Cependant, au-delà des travaux, c'est l'absence de réponses qui semble renforcer le mécontentement. Plusieurs résidents affirment avoir tenté de joindre différentes personnes du SDIS ou d'envoyer des courriers recommandés, sans obtenir de réponse satisfaisante. "Le dialogue est au point mort. Nous n’avons personne à qui parler", a déclaré un riverain, qui envisage la création d'une association.
D'un autre côté, le SDIS rejette les accusations de manque de dialogue et souligne l'organisation d'une réunion d'information avant le début du chantier, ainsi que la disponibilité d’un blog pour suivre les avancées des travaux. "Nous n'avons reçu aucun appel sur le numéro de contact diffusé", a précisé un représentant du SDIS.
Des précautions de sécurité jugées nécessaires
Concernant les talus, le SDIS admet que leur taille peut surprendre. Toutefois, il insiste sur leur nécessité pour l'implantation de la caserne, tout en étant prêt à envisager des mesures d'intégration paysagère pour atténuer leur impact esthétiques.
Les inquiétudes relatives aux eaux de ruissellement sont minimisées par le SDIS, qui assure que le projet respecte les normes environnementales avec des bassins de rétention et des dispositifs de drainage adéquats. Le SDIS souligne encore que tout dégât constaté, comme des blocs de pierre dans des jardins, doit lui être signalé pour qu'une intervention ait lieu.
Avec des travaux prévus jusqu'en 2027, les nuisances devraient diminuer avec le début de la construction des bâtiments. Les riverains espèrent reprendre le dialogue avec les porteurs du projet pour obtenir des réponses concrètes. Le SDIS, de son côté, ne s'oppose pas à une nouvelle réunion d'information, souhaitant que le chantier s'effectue "dans les meilleures conditions possibles" pour le voisinage.







