À Béziers, le Groupe d’Entraide Mutuelle (GEM) Beaux-Arts donne un nouvel élan à l’entraide entre personnes cérébro-lésées. Autonome depuis 2023, ce regroupement compte environ quarante adhérents, rejoignant les échanges et activités artistiques dans un cadre solidaire.
Installé sur le boulevard de la Liberté, le GEM Beaux-Arts propose aux personnes touchées par un traumatisme crânien ou une lésion cérébrale un lieu d’échanges, d’entraide et de créativité. Ce réseau, basé sur des associations solidaires, a vu le jour à partir d’une antenne de Montpellier, fondée en 2013. Son appellation fait référence au quartier des Beaux-Arts à Béziers, lieu d’origine du groupe.
« Nous faisons de nombreuses activités autour de l’art, cela nous correspond bien », confie Fabienne Clee, animatrice et salariée de l’association. Auparavant, l’antenne était en déplacement, période difficile pour les adhérents ayant des problèmes de mémoire. La recherche d’un local s’est intensifiée avant le Covid, et la reprise d’activités a pu se faire suite au confinement de 2021.
Une association autonome
En 2023, le GEM Beaux-Arts a gagné son autonomie grâce à des subventions de l’Agence Régionale de Santé (ARS), soutenue par l’Association de Familles de Traumatisés crâniens et de Cérébro-lésés du Languedoc Roussillon. Le groupe biterrois, auparavant composé de trois membres, s’est renouvelé avec une quarantaine d’adhérents, géré collégialement par un bureau de huit personnes.
« Nous avons voulu accueillir des personnes porteuses de différents handicaps. Chacun a ses problèmes, mais en franchissant cette porte, on laisse tout cela derrière soi », raconte Éric, adhérent depuis 2015, dont le coma prolongé était la conséquence d’un accident de la route.
L’entraide au cœur
« Cette association permet aux membres de se rencontrer et de s’ouvrir aux autres. Beaucoup d’entre eux se replient sur eux-mêmes à cause du regard de la société. Ici, nous ne ressentons plus ces différences. Fabienne est comme une grande sœur pour nous, c’est une vraie famille », exprime Mohammed, la trentaine, victime d’une anesthésie mal administrée dans son enfance, l’ayant empêché d’utiliser certaines fonctions motrices.
Dans le groupe, l’humour et la bonne humeur règnent en maîtres. Ensemble, ils participent à diverses activités telles que le sport, l’art, la sophrologie et des repas partagés chaque jeudi. Ils œuvrent également pour sensibiliser les jeunes, notamment ceux sous protection judiciaire de la jeunesse. Un clip sur la sécurité routière est prévu pour septembre, car beaucoup de leurs histoires sont liées à la route, aux drogues ou à l’alcool. « Ces personnes étaient comme tout le monde avant, actives socialement et professionnellement. Il faut apprendre à accepter la nouvelle vie après un tel traumatisme », conclut Fabienne Clee, soulignant l'importance de cette transformation personnelle.







