La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a exprimé mardi sa conviction que les sanctions individuelles dans l'affaire Lyhanna ne sont pas une solution complète aux problèmes en cours. En effet, elle a souligné que les 134 placements en détention provisoire effectués récemment sur des plaintes en attente témoignent d'un systémique déficient.
Sur France 2, Braun-Pivet a déclaré : "On cherche les responsabilités individuelles, mais cela ne signifie pas que le problème est résolu. Au contraire, les véritables enjeux demeurent." Cette déclaration fait écho aux premières sanctions prononcées contre une magistrate et deux gendarmes du Gers, en réponse à un rapport révélant de graves dysfonctionnements après le décès tragique de Lyhanna, âgée de 11 ans.
Le principal suspect, Jérôme Barella, avait déjà été l'objet de plusieurs plaintes, sans qu'aucune action significative n'ait été entreprise à son encontre. Suite à cette affaire, Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, a dans l'urgence appelé à la réévaluation de 70 000 plaintes concernant des violences sur mineurs, dont certaines avaient pris du retard.
"Cela démontre des manquements sérieux dans notre organisation", a déclaré Braun-Pivet. Mathilde Panot, présidente des députés LFI, a quant à elle qualifié le rapport d'inspection sur l'affaire Lyhanna d'"accablant". Elle a affirmé que l'enquête met à jour des vérités inquiétantes, notamment plus de 700 plaintes de viols sur des enfants en attente à Toulouse.
"Ces problèmes ne sont pas dus à des dysfonctionnements personnels, mais à des enjeux structurels", a insisté Panot, appelant à un changement radical dans la manière dont la société aborde ces questions. Braun-Pivet, soutenue par des parlementaires de gauche et de la coalition gouvernementale, a exprimé son désir de faire avancer l'inscription d'une "loi intégrale" visant à traiter globalement la question des violences faites aux enfants, malgré les réserves du Premier ministre Sébastien Lecornu.
"Je vais continuer à exercer des pressions pour faire avancer cette loi", a-t-elle affirmé, affirmant que l'urgence est encore plus pressante à la lumière des conclusions du pré-rapport d’enquête.







