Ce lundi 8 juin 2026, environ 400 personnes se sont rassemblées devant le palais de justice de Périgueux pour rendre un hommage à Lyhanna, une collégienne de 11 ans tristement retrouvée morte dans le Gers. Dans ce moment de recueillement solennel, les parents, inquiets et en colère, ont fait entendre leur voix.
Le parvis du palais est devenu un lieu de mémoire jonché de fleurs et de peluches. Cédric a déposé un hibou bleu et violet, le doudou de sa belle-fille de neuf ans. "C'est elle qui a voulu l'offrir. À cet âge, ils comprennent déjà l'horreur de la situation. Cela aurait pu lui arriver tout comme à ses camarades," a-t-il déclaré.
“Je voulais dire à ma fille qu’elle sera entendue"
Le principal suspect dans cette affaire avait été déjà signalé pour plusieurs cas d'agressions sexuelles sur mineurs. Ce fait a suscité l'indignation de Laura, mère d'un garçon de six ans : "On va en pleurer combien comme ça ?" s'est-elle exclamée. "Il y a tant d'enfants victimes de violences sexuelles, mais peu d'actions sont menées tant que ce n'est pas trop tard."
Pour Caroline, venue au rassemblement avec sa fille Mila, il était essentiel de donner du sens à cette tragédie. "J'ai peur qu'il y ait des gens qui me fassent pareil," a partagé la petite de neuf ans. Sa mère a ajouté : "Je voulais qu'elle comprenne la gravité de la situation et lui assurer qu'elle sera toujours protégée, qu'elle puisse parler librement avec moi."
Des plaintes classées sans suite
Mathilde, éducatrice au sein d'un service de protection de l'enfance en Dordogne, a également pris part à la mobilisation. Elle a témoigné des difficulté qu'elle rencontre en accompagnant des mineurs dans les démarches de dépôt de plainte : "Malheureusement, je sais que beaucoup de ces plaintes sont classées sans suite. Face au manque de moyens, les violences sur les enfants ne semblent pas être une priorité pour les autorités," a-t-elle affirmé, réclamant une action plus ferme contre ces atrocités.
La colère et la tristesse qui émanent de cette marche témoignent d'une communauté qui refuse de rester silencieuse face à la violence faite aux enfants. Les revendications sont claires : il est temps que l'État prenne conscience de l'urgence de la situation et agisse pour protéger les plus vulnérables.







