Alors qu'une nouvelle plainte ciblant le suspect dans l'affaire Lyhanna a été déposée, l'association Les Papillons lève le voile sur un système judiciaire dans lequel la parole des enfants victimes de violences est souvent ignorée. Son fondateur, Laurent Boyet, dénonce des lenteurs judiciaires et un "manque de courage politique" face à une situation alarmante.
Rappelons que l'affaire Lyhanna a suscité une onde de choc dans les Pyrénées-Orientales. Le dimanche 7 juin, il a été révélé qu'au moins sept plaintes ou signalements ont été adressés à la justice depuis 2017, soulignant ainsi l'inefficacité et la pertinence d'un système en crise.
Boyet refuse de réduire la problématique à un simple "dysfonctionnement" tel que l'a mentionné le président Emmanuel Macron. "Lorsqu'il s'agit de la libération de la parole des enfants et de leur accès à la justice, c'est un problème permanent", affirme-t-il, pointant du doigt le nombre alarmant de plaintes laissées dans l'oubli et les délais d'enquête jugés inacceptables, malgré des éléments médicaux et psychologiques clairs.
Un réseau de 550 boîtes pour alerter
Les Papillons, association bien établie dans le département, lutte pour faire entendre la voix des enfants victimes. Pour cela, elle a mis en place un réseau de plus de 550 boîtes aux lettres à travers la France, dont une quinzaine se trouvent dans les Pyrénées-Orientales. Ces boîtes, installées dans des écoles et des clubs sportifs, permettent aux enfants de témoigner de leur vécu en toute confidentialité.
Il est à noter qu'une Maison des Papillons a également ouvert à Saint-Estève il y a presque deux ans, dans le but d'accompagner les enfants et leurs familles. L'année dernière, environ 150 familles ont bénéficié de ce soutien, soulignant ainsi l'importance d'un suivi psychologique pour aider les enfants à se reconstruire après des traumatismes.
Rassemblement à Perpignan pour Lyhanna
La mobilisation continue avec des rassemblements prévus ce lundi devant plusieurs tribunaux en France, en réaction à ce que beaucoup considèrent comme "l'injustice de trop". À Perpignan, un rassemblement est programmé à 19h devant le tribunal judiciaire, attirant l'attention sur la nécessité urgente de réformer le système pour mieux protéger les enfants.
La situation actuelle appelle donc à un véritable changement dans la manière dont les plaintes concernant les violences faites aux enfants sont prises en compte. Seulement ainsi, les voix des victimes peuvent être réellement entendues et protégées.







