Mobilisation des autorités autour de l'affaire Lyhanna
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a convoqué une réunion parmi les procureurs généraux ce lundi à la Chancellerie. L'objectif : passer en revue les plaintes concernant des enfants victimes d'abus, à la suite des événements tragiques ayant entouré l'affaire Lyhanna. Dans ce cadre, des collectifs féministes et de protection de l'enfance ont déjà appelé à des manifestations devant les tribunaux.
La réunion, prévue pour 08H30, doit permettre au ministre de souligner que les procurateurs ont jusqu'au 14 juillet pour examiner toutes les plaintes liées à cette tragédie, un volume estimé à environ 70.000 dossiers. Lors d'une marche blanche en hommage à Lyhanna, qui a rassemblé 6.000 personnes à Fleurance, Gérald Darmanin a déclaré : "On va traiter toutes les plaintes" et a insisté sur l'importance de ce recensement avant les vacances d'été.
La découverte du corps de la fillette de 11 ans, ainsi que des révélations sur des plaintes pour viols sur mineurs, ont suscité une onde de choc dans la société. Le ministre s'est montré particulièrement vocal, évoquant ses inquiétudes sur la gestion de ces plaintes par les services judiciaires, qu'il a qualifiés de "dysfonctionnements inacceptables" sur les réseaux sociaux. Lors d'une interview sur TF1, il a même présenté ses excuses à la famille de Lyhanna pour le manque de suivi des plaintes, et a averti que des sanctions pourraient frapper les magistrats si des fautes professionnelles étaient confirmées.
Selon des sources, une inspection qui impliquera la justice, la gendarmerie et l'Éducation nationale devrait rendre ses conclusions dans les quinze jours. La plainte qui a été le point de départ de cette affaire avait été déposée en août 2025 par la mère d'une autre fillette. Malgré des éléments accablants, le suspect n'avait toujours pas été entendu au moment de la disparition de Lyhanna, une situation que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a jugée inacceptable.
La Conférence nationale des procureurs a, pour sa part, demandé à ne pas établir de responsabilités avant que les résultats de l'inspection ne soient révélés. De nombreux magistrats soulignent aussi que les difficultés financières du système judiciaire aggravent la situation. Frédéric Chevallier, président de la CNPR, a noté que la France ne comptait que trois procureurs pour 100.000 habitants, tandis que la moyenne européenne est de 12,2.
Alors que le président Emmanuel Macron a évacué cette question cruciale, le besoin d'améliorer les moyens accordés à la justice sera sans doute abordé lors de cette réunion de travail. Les collectifs de défense des droits des femmes et des enfants ont, eux, prévu de se rassembler à 19H00 devant le ministère de la Justice et au sein de près d'une centaine de palais de justice, dénonçant une "défaillance systémique des institutions" et appelant à des réformes législatives pour lutter contre les violences sexuelles.







