L'essentiel
Visiter une décharge peut sembler inintéressant, mais un groupe de curieux a eu l'opportunité de parcourir le site de Brousseyras à Cahors. Sous leurs pieds, une colline de 20 mètres, vestige de deux décennies de déchets accumulés depuis 1974. Ce lieu, rénové grâce à un ambitieux projet écologique, préserve le ruisseau voisin. Une expérience éducative offerte aux habitants.
Parcourir une décharge à pied est peu conventionnel. Pourtant, un groupe de passionnés a suivi Marion Grenard ce weekend, découvrant l'ancien site de Brousseyras à Cahors. En passant le portail, ils ont été accueillis par une colline artificielle de près de 20 mètres de haut. "Sous vos pieds se trouvent des déchets accumulés depuis 1974, soit 360 000 m³ de matières ô combien variées", a expliqué la guide.
Une décharge sous des eaux canalisées
Les dimensions et l'histoire de ce site ont immédiatement frappé un couple de retraités venus de Labastide-Marnhac. "C'est inattendu d'avoir ce genre de visite. Nous avons vécu à une époque où les déchets étaient amenés ici sans réfléchir. La curiosité nous a poussés à venir voir comment cela a été réhabilité", ont-ils confié.
Marion Grenard, chargée d'appui au pilotage sur le plan de prévention des risques, a pris le temps d'expliquer les détails du projet. "La décharge a été fermée en 1994. Avant cela, nous recevions tous les déchets ici. Certains étaient broyés, d'autres compactés. Il a fallu canaliser le ruisseau Bartassec pour éviter les inondations, mais avec le temps, des effondrements ont fragilisé ce qui avait été construit, laissant les eaux s'infiltrer", a-t-elle précisé.
Une volonté de réparer les erreurs du passé
À cette époque, l'écologie n'était pas une priorité. "Les générations passées ne pensaient pas à la néfaste accumulation de déchets. Elles agissaient sans anticiper les conséquences", a commenté Grenard. Actuellement, les déchets recyclables sont gérés par le Syded de Catus, tandis que les ordures ménagères non traitables finissent dans des incinérateurs ou à Montauban et Brive.
En 2010, la collectivité a décidé de s'attaquer à ce défi. Le site, précédemment fermé, devait désormais être réhabilité. "Il était temps de corriger les erreurs d'autrefois", a insisté Marion Grenard.
Un projet ambitieux de 3 millions d'euros
Entre 2010 et 2026, la réalisation de cette réhabilitation soulève des interrogations. Grenard a exposé les complexités de la réhabilitation : "Le mélange des déchets a rendu leur retrait très coûteux, environ 900 euros par camion. La facture totale pourrait se chiffrer en millions d'euros."
La solution s'est orientée vers un système de bulle géotextile, imperméable, qui prévient l'infiltration d'eau et la propagation des polluants. Cette opération se chiffre à 3 millions d'euros visant à assainir l'environnement local.
Un projet lié à la lutte contre les inondations
Marion Grenard a conclu en rassurant les visiteurs : "La colline sous vos pieds diminuera avec le temps. Bien que certains déchets mettent des siècles à se décomposer, d'autres matières fermentent déjà, évacuant progressivement des gaz par des cheminées installées sur le site. Les nouveaux aménagements visent à protéger le ruisseau et ses eaux limpides d'une pollution éventuelle." Des efforts considérables sont en cours pour endiguer les débordements des eaux, inscrivant cette réhabilitation dans une stratégie plus large de lutte contre les inondations.







