Le gouvernement français a officialisé, par le biais d'un décret du Journal officiel, le démantèlement total de l'ancienne centrale nucléaire de Fessenheim, géré par l'EDF, d'ici 2048. Ce projet colossal s'échelonnera sur quatre phases clés : le démantèlement, l'assainissement des structures et des sols, la démolition des installations à une profondeur d'au moins un mètre, puis la réhabilitation du site. À cet égard, une usine de recyclage de métaux faiblement radioactifs devrait voir le jour d'ici 2031.
Une décision aux motivations controversées
La fermeture de Fessenheim, imposée sous la présidence de François Hollande dans le cadre de la loi de transition énergétique de 2015 qui limitait la part du nucléaire à 50 % du mix énergétique, demeure un sujet de discorde parmi les experts. Selon le spécialiste du nucléaire Bernard Doroszczuk, ancien président de l'Autorité de sûreté nucléaire, “fermer Fessenheim, c’était sacrifier la centrale la mieux gérée de France sur l’autel d’un compromis politique”.
Yves Bréchet, ancien haut commissaire à l'énergie atomique, renchérit en déclarant : “Arrêter Fessenheim était une décision idéologique, pas technique. Cette centrale avait encore deux décennies de fonctionnement devant elle. On a détruit de la valeur et des emplois totalement inutilement.”
Ces critiques soulignent les craintes d'un potentiel déficit de compétences et d'emplois dans la région, alors que le monde de l'énergie évolue rapidement. Des voix s'élèvent donc pour repenser le modèle énergétique français, en interrogeant les choix fait par les gouvernements successifs. Pour le moment, les débats sont loin d'être clos.À LIRE
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