En pleine saison estivale, le centre culturel Alban-Minville à Toulouse s'avère être un véritable four. Loin de profiter de la chaleur montante, des fenêtres ouvertes et des ventilateurs installés à l'accueil témoignent d'une situation paradoxale où les radiateurs fonctionnent à plein régime. Cette situation, dénoncée par des témoins anonymes, soulève de vives inquiétudes tant écologiques que financières, notamment alors que les factures d'énergie sont en hausse. La mairie de Toulouse a reconnu des "difficultés de réglage" qui sont actuellement en voie de résolution.
Il fait chaud au centre culturel Alban-Minville, dans le quartier de Bellefontaine à Toulouse, et le public ne s'y trompe pas. Un ventilateur, devenu indispensable, tourne sans relâche à l'accueil, tandis que les radiateurs du rez-de-chaussée dégagent une chaleur insupportable. Sans robinet ou vanne accessible, les équipes de ce centre se retrouvent à subir un chauffage centralisé, géré à distance, ne leur donnant pas la possibilité d'intervenir, comme le confirme la mairie.
"Avec l’argent du contribuable"
Le bâtiment de 2 000 m² est raccordé au réseau de chaleur urbain du Mirail, qui, selon Eneriance, est alimenté à 90 % par la chaleur excédentaire provenant de l’incinérateur de déchets. Ce réseau de 42 km dessert près de 40 000 habitants des quartiers du Mirail et est à la fois une force et une faiblesse dans la gestion thermique des équipements publics. Un témoin a exprimé son mécontentement : "Vous avez les radiateurs allumés, les gars de l’accueil ont des ventilateurs, et les fenêtres sont ouvertes avec l’argent du contribuable." Une prise de conscience qui ne passe pas inaperçue.
Un agent des services municipaux a reconnu l’existence d’une "anomalie", précisant que des protocoles d'allumage et d’extinction sont en place à l’échelle de tous les bâtiments de la ville. Bien qu’il ait tenté d’expliquer cette gestion de l’énergie, il admet qu'il arrive que cela engendre des "incohérences". Les inquiétudes des usagers demeurent. "Des gens crèvent de froid et eux jouent avec le chauffage. C’est de la folie", s’est indigné un utilisateur des lieux.
"Un retour rapide à la normale", indique la mairie
Dans les ateliers de broderie au premier étage, des jeunes usagères témoignent également de la chaleur excessive. "Avec le travail, la concentration, ça demande beaucoup d’efforts", confie l'une d'elles, soulignant les impacts de cette gestion erratique des températures sur leur confort.
Selon un communiqué du service presse de la mairie de Toulouse, des "difficultés de réglage" sont en cours d’analyse et les pannes imprévisibles sont reconnues. La Ville assure que ces incidents seront résolus rapidement, rappelant que le réseau reste chaud à la fin avril pour répondre aux besoins des usagers. "La période de chauffe se terminera à la mi-mai", a précisé la collectivité, affirmant que ses équipes sont mobilisées pour un retour à des conditions normales.







