l'avenir incertain des vignes du frontonnais : 20 % de la surface viticole menacée

Les viticulteurs du Frontonnais face à l'arrachage de vignes, une décision lourde de conséquences.
l'avenir incertain des vignes du frontonnais : 20 % de la surface viticole menacée
Fabien Cardetti au milieu de ses vignes à Labastide-Saint-Pierre © Radio France - Claudia Calmel

La campagne d'arrachage des vignes, prévue pour 2026, se prépare déjà. Dans le Frontonnais, une région qui se partage entre la Haute-Garonne et le Tarn-et-Garonne, un cinquième de la superficie viticole sera supprimé. Le but ? Redynamiser la production en adoptant une nouvelle approche.

La semaine dernière, les agriculteurs ont reçu l'autorisation tant attendue. Ceux qui souhaitent enlever des pieds de vigne peuvent désormais passer à l'action, évitant ainsi d'attendre l'aval de la Commission européenne, anti-infectieuse en matière de régulation. Plus de 5 800 demandes d'aide ont été remontées, principalement dans le sud-ouest. En tout, la France pourrait perdre autour de 28 000 hectares de vignes cette année, avec une indemnisation de 4 000 euros par hectare arraché.

« Une décision très lourde »

Cette initiative vise à renforcer la viticulture face à une crise absolue. Les conséquences du changement climatique se font de plus en plus sentir, provoquant une réduction des récoltes, tout en observant parallèlement une baisse de la consommation de vin. Dans le vignoble de Fronton, environ 200 hectares sont prévus pour l'arrachage, notamment au domaine de Lescure à Labastide Saint-Pierre. Fabien Cardetti, viticulteur sur 22 hectares, fait face à une difficile réalité : « Là, juste en face de nous, il y a une parcelle que j'ai arrachée l'année dernière. » Actuellement, il prévoit d'enlever encore quatre hectares et demi de vignes, des ceps vieillissants, une décision qu'il prend avec une grande peine : « C'est une décision très lourde à prendre : ma passion, c'est la vigne. Mais aujourd'hui, on ne peut plus vivre de ce métier. » Après avoir repris l'exploitation familiale, Fabien constate l'effet dévastateur des aléas climatiques : « Ces dix dernières années, on a eu quatre bonnes récoltes. Le gel, la grêle et les épisodes de sécheresse nous pèsent. »

« Je n’en dors plus la nuit »

Jean-Marie Cardetti, le père de Fabien, est particulièrement affecté par cette décision. Il se remémore les efforts d'antan : « On a trimé pour les planter, ça nous a coûté cher. Et maintenant, on nous dit qu'il faut arracher. Ça me fend le cœur, je n’en dors pas la nuit. »

Fabien espère que, grâce à l'arrachage, il pourra produire différemment : « Il va falloir qu’on produise des vins rouges plus légers à l'avenir et explorer d'autres options comme le vin blanc et les pétillants. C'est sûrement la clé pour préserver notre appellation. »

Le cépage Bouysselet comme solution ?

Dans le Frontonnais, 200 hectares d'arrachage représentent environ 20 % de l'appellation. La conjoncture viticole est délicate, comme l'indique Benjamin Piccoli, directeur de la Maison des vins de Fronton : « Les ventes de vin rouge ont chuté de 10 à 20 % par an en moyenne. Nous devons répondre à la demande croissante de vin blanc ». Les efforts se concentrent sur le cépage bouysselet, actuellement mis en avant pour établir une identité forte et développer une appellation de vin blanc, espérant ainsi insuffler une bouffée d'oxygène au vignoble. Source : Radio France

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