Jusqu'au 27 mai, Damien Aspe, vêtu d'une combinaison orange, choisit de vivre sous le regard curieux des passants dans une cellule de 2m², installée dans la vitrine de sa galerie d'art « Inessential Space », située place de la Daurade à Toulouse (Haute-Garonne). Cette performance intrigante débute ce lundi 27 avril dans le but de susciter une réflexion sur notre rapport au numérique, à la liberté d'expression et aux nouvelles formes de contrôle.
Enstrigé dans cette cage, Damien Aspe s'inspire des attirements des prisonniers américains, avec l'inscription « GAFAM Penitentiary » pour désigner les géants du numérique tels que Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. L'artiste, volontairement enfermé, vit constamment sous l'observation du public, dans cet espace restreint qui rappelle la condition des détenus français.
« L'impulsion de ce projet provient d'une œuvre générée par intelligence artificielle, inspirée du tableau La Liberté guidant le peuple de Delacroix, que j'ai créée le 25 avril. Cette création, censurée sur les plateformes numériques, a été rebaptisée L’Autocratie guidant ses ouailles », explique Damien Aspe. Ce geste l'amène à organiser un faux procès le 27 mai au tribunal judiciaire de Toulouse, en présence d'un juge et d'avocats. Cet événement, ouvert au public, vise à débattre des enjeux liés à la propriété intellectuelle et à la liberté d'expression face aux forces dominantes du numérique.
Encadré par un surveillant, Damien Aspe bénéficiera d'une heure de promenade le matin et le soir, ainsi que de visites de curieux lors de parloirs. Pendant cette période d'enfermement, il prévoit de réaliser des dessins, des peintures, ainsi que de travailler sur son ordinateur, afin de produire des photographies et vidéos de son expérience. Ces œuvres seront présentées lors d'une exposition, prévue après le faux procès.
« Le numérique symbolise tant l'ouverture au monde que l'isolement social, et ma performance illustre cette dualité », ajoute l'artiste, qui a débuté sa carrière dans le domaine de la photographie. Un film sera également réalisé, relatant cette expérience inédite qui invite à redéfinir notre rapport à l'art et au monde numérique.







