Trois ans après la collecte nationale, on estime qu’environ douze millions d’armes à feu sont toujours détenues par des particuliers en France, dont la moitié de manière illégale, selon l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO). Alors que le débat public met souvent l'accent sur le contrôle des armes aux États-Unis, la France semble occulter une problématique tout aussi préoccupante sur son propre territoire. Environ cinq millions et demi de calibres sont légalement détenus par des chasseurs et quelque 300 000 tireurs sportifs, un fait qui suscite des interrogations parmi les autorités et les experts.
Les sources d'approvisionnement des armes restent variées : héritages clandestins de la Seconde Guerre mondiale, souvenirs de chasses d'antan, ou achats sur le marché noir. L'Institut des hautes études internationales de Genève révèle que la France est, juste après la Finlande, le deuxième pays européen en termes de possession d'armes, avec près de vingt armes pour cent habitants. Le commandant Philippe Nobles, auteur d'un rapport pour la Direction nationale de la police judiciaire, a aussi évoqué la porosité existante entre certains collectionneurs et les réseaux criminels. "Les enquêtes montrent qu'ils peuvent détenir plusieurs centaines d'armes illégalement, souvent échangées sur un marché parallele," précise-t-il.
De plus, 9 000 armes sont volées chaque année lors de cambriolages. Avec des modèles allant des armes de poing classiques aux fusils d’assaut, les armes circulant sur le territoire français s'étendent des vieux Colt aux modernes Kalachnikov. L’utilisation d'armes vintage dans des crimes souligne par ailleurs un aspect inquiétant de ce phénomène.
Le ministère de l’Intérieur souligne qu’en dépit des 140 000 armes déposées lors de collectes, le défi de la sécurisation de ces armes reste immense. Chaque année, 30 000 armes sont volontairement rapportées, mais cela n’occulte pas les nombreux accidents domestiques, conflits de voisinage et féminicides qui émanent de ces précieuses possessions, l’arme à feu étant l'instrument du crime dans un quart des cas. La question des armes à feu en France mérite donc un examen approfondi, tant pour les passionnés de la collection que pour la sécurité publique.







