Lors d'une conférence ce vendredi, Mathias Blanc, conduisant la liste citoyenne "Perpignan Autrement", a exposé les grandes lignes de leur programme pour les élections municipales prévues en mars prochain. Ce projet s'affiche comme une réponse claire à la gestion de Louis Aliot, avec un engagement en faveur d'une gouvernance de gauche clairement affirmée, issue d'ateliers participatifs menés dans la ville.
Le message principal est de "tourner la page" de l'ère Aliot, que Blanc décrit comme un mandat qu'on "oubliera très vite". Le candidat socialiste se positionne comme un contre-modèle au maire sortant, insistant sur son histoire personnelle, telle que l'absence de condamnations judiciaires : "J'ai un casier judiciaire vierge", a-t-il lancé, en soulignant son intention de se consacrer à sa ville plutôt qu'à des affaires judiciaires ou à des voyages à l'étranger.
Réinvestir les quartiers
Au cœur du projet de "Perpignan Autrement", la volonté de "réinvestir" les quartiers et de ne plus concentrer les efforts sur le centre-ville. Le candidat souligne : "On ne peut plus continuer à gouverner Perpignan comme si le reste de la ville n’existait pas". Leur proposition inclut la redynamisation des maisons de quartier, des espaces jugés structurants même s'ils ne brillent pas par leur ostentation.
En parallèle, la liste envisage de créer des assemblées citoyennes et populaires dans les quartiers. Ces assemblées, composées d'habitants volontaires et élu par tirage au sort, auraient un pouvoir décisif sur des sujets concrets, allant de l'aménagement urbain à la végétalisation, avec un budget annuel de 4 millions d’euros destiné à ces projets. Olivier Romero de Place publique souligne que "78 % des Français ne croient plus en la politique, il faut donc faire de la politique autrement".
Santé : « une priorité absolue »
Le second pilier du programme met l'accent sur la santé. Françoise Fiter, conseillère départementale, évoque une situation alarmante : "15 000 personnes souffrant d’une affection de longue durée sont privées de médecin traitant". En réponse, "Perpignan Autrement" propose la création de trois centres de santé municipaux, employant des médecins et des infirmiers, afin d'atténuer la désertification médicale ressentie dans la région.
Transports : faire reculer la voiture
La question des mobilités est également cruciale. "Il faut que Perpignan respire", déclare Éric Vernis de Génération Écologie, en critiquant le fait que 70 % des habitants dépendent de leur voiture pour les trajets quotidiens. Leur programme inclut le développement de lignes de bus à haut niveau de service et l'objectif ambitieux de faire de Perpignan "la capitale du vélo dans le sud de la France", s'inspirant d'Amsterdam, avec la généralisation des pistes cyclables et une promotion des mobilités douces.
Sécurité : un contre-discours assumé
Concernant la sécurité, Mathias Blanc opte pour une réorientation des ressources policières. Plutôt que d'augmenter le nombre d'agents, il prône l'établissement d'une véritable police de proximité, avec une présence renforcée au cœur des quartiers. "C’est fondamental qu’elle soit implantée au cœur des quartiers", insiste-t-il, avec un objectif de renforcement des liens entre la police et la communauté.
Dans une ville souvent qualifiée de "la grande ville la plus pauvre de France", les enjeux sociaux se placent au rang des priorités. Des mesures telles que la gratuité des transports pour les moins de 26 ans ou encore le soutien à des épiceries et cantines solidaires sont mises en avant. Mélina Dufrène, membre de l’Après, déclare : "les mesures sociales seront centrales".
La liste promet aussi de veiller au bien-être animal avec la création d'un dispensaire vétérinaire municipal, destiné à aider les plus démunis à prendre soin de leurs animaux.







