Les députés se réunissent ce mercredi pour examiner deux motions de censure, déposées par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN). Ces motions critiquent l'accord de libre-échange en passe d'être signé entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, alors que des manifestations agricoles secouent le pays.
Malgré l'opposition générale à cet accord, les chances d'adoption des motions restent minimes. Ni le Parti socialiste (PS) ni Les Républicains (LR) ne semblent prêts à les soutenir. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a déclaré que censurer le gouvernement actuellement serait « absurde », compte tenu du positionnement du président Emmanuel Macron contre le traité.
Bruno Retailleau, le président de LR, a partagé sur les chaînes Europe 1-CNews que la motion de censure ne serait d'aucune utilité dans le contexte actuel. Il a mis en lumière que « c'est désormais au Parlement européen que cela va se jouer », laissant à penser que l'approche devrait se porter davantage sur les instances européennes.
Face à cette situation, le gouvernement a brandi la menace d'une dissolution en cas d'adoption d'une motion de censure, se préparant à d'éventuelles législatives anticipées.
Les voix s'élèvent contre l'accord
LFI n'hésite pas à accuser le président de la République d'avoir « ouvert la voie à la capitulation » face à la Commission européenne. Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée, évoque un gouvernement illégitime qui persiste à suivre une politique qui ne rencontre plus le soutien populaire.
De son côté, le RN considère que l'exécutif a échoué en n'exploitant pas tous les moyens de négociation possibles. Sébastien Chenu, vice-président du RN, a insisté sur le fait qu'il n'est pas acceptable que la France, deuxième contributeur net au budget de l'UE, soit soumise à des accords qu'elle jugent défavorables.
Le groupe Gauche démocrate et républicaine a annoncé son soutien à la motion de censure déposée par LFI, tout en dénonçant l'ambiguïté de la position présidentielle. Les écologistes, quant à eux, appellent à des actions plus décisives, allant jusqu'à demander un recours devant la Cour de justice de l'Union européenne pour contester l'application de ce traité.
Cette situation, marquée par le mécontentement des agriculteurs et les rapports de forces au sein de l'Assemblée, souligne un climat de tension politique en France. Les enjeux de cet accord sont tels qu'ils pourraient bien marquer la scène politique pour les mois à venir.







