À 83 ans, Jean Auroux fait partie des derniers témoins de l'émergence du mitterrandisme. Ancien ministre du Travail, il exprime ses regrets face à une gauche qui peine à embrasser son héritage. Aux côtés de figures emblématiques telles que Laurent Fabius et Jack Lang, il a été un acteur clé des réformes des années 1980.
Dans une récente interview, Auroux évoque la nécessité de se rappeler que le mitterrandisme, bien que considéré comme une période historique, représente également une voie politique encore pertinente. Saura-t-on le faire revivre, surtout dans un contexte où la gauche semble divisée entre le Parti Socialiste et d’autres courants plus radicaux, comme celui de Jean-Luc Mélenchon ?
Auroux souligne l'importance des lois sociales qu’il a contribué à établir, comme la cinquième semaine de congés payés et la retraite à 60 ans. Ces réformes continuent d’être des références dans le code du travail actuel.
Didier Jauvert, expert politique, note que des figures comme Mitterrand, qui ont toujours su faire preuve de pédagogie et de culture, manquent à la scène contemporaine. Selon lui, Auroux capture cette essence de leadership fédérateur que la France recherche désespérément. Il s’exprime : "Dans une époque où l’autorité semble souvent contestée, Mitterrand inspirait confiance, avec une capacité à rassembler."
Interrogé sur la possibilité d'un retour à la pratique politique de Mitterrand, Auroux est sceptique. Bien qu'il ait été un chef charismatique, son style ne serait sans doute plus en phase avec les attentes actuelles. De plus, il s’inquiète de voir la politique remplacée par des influenceurs aux discours populistes. "Les conséquences d’une vraie proportionnelle pourraient être désastreuses", met-il en garde, soulignant l'importance d'une représentation éclairée.
Le regard rétrospectif d'Auroux nous rappelle que la politique, en dépit de ses ombres, peut aussi71 s’enrichir de leaders fédérateurs, capables d’unités en ces temps tumultueux.







