Dans sa première interview depuis l'annonce de la candidature de Marine Le Pen, Jordan Bardella s'affirme comme une voix centrale dans la campagne en affichant plusieurs différences de fond.
Après une période de silence suite à la condamnation en appel de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens, Jordan Bardella est sorti du bois. Dans une interview accordée au Figaro le 12 juillet, le président du Rassemblement National (RN) dévoile son rôle au sein de ce nouvel équilibre avec la députée du Pas-de-Calais : il se considère comme un acteur clé, et non comme un simple exécutant.
"La spécificité du RN est d'avoir deux expressions à sa tête", souligne-t-il, insistant sur sa volonté d'occuper une place centrale dans cette campagne en pleine effervescence.
Bâtir le programme et préparer un gouvernement
Jordan Bardella se dit satisfait par l'évolution de son parcours, passant de candidat potentiel à celui de futur Premier ministre. Il rappelle ses priorités : "bâtir le programme", "former un gouvernement" et permettre au RN de remporter une "majorité solide" à l'Assemblée nationale.
Conformément à la volonté de rassembler, l'eurodéputé souhaite élargir son électorat. Il envisage un "gouvernement d'union nationale" qui ne se composerait pas uniquement de membres du RN, mais inclurait également des personnalités de droite susceptibles de contribuer à une majorité nationaliste.
Des divergences assumées avec Marine Le Pen
En plus de son discours d'unité, Bardella n'hésite pas à revendiquer des différences avec Marine Le Pen, notamment sur les questions économiques. Dans un échange avec Le Figaro, il déclare que "notre système de retraites est à bout de souffle", soulignant le déséquilibre croissant entre actifs et retraités. Contrairement à Le Pen, qui prône un retour à l'âge légal de 62 ans, Bardella souhaite explorer d'autres solutions, y compris celle du capitalisation.
"Le Fonds souverain que nous proposons pourrait inclure un volet de capitalisation", précise-t-il, avançant que cela servirait à la fois à financer l'économie et à compléter le système de répartition. Bardella ne cache pas ses nuances et déclare avec conviction : "Un parti sans discussion n'existe pas." Il conclut en expliquant que des débats internes sont normaux et nécessaires : "Il est fondamental que nous ajustions nos mesures en fonction de la réalité du pays", tout en mettant en avant que le mouvement prône "la liberté dans la discussion et l'unité dans la décision".







