Le président de la République, Emmanuel Macron, a pris la parole ce mercredi 10 juin concernant le tragique décès de Lyhanna, une fillette de 11 ans retrouvée sans vie le 4 juin dernier dans le Gers. Le principal suspect, Jérôme Barella, déjà connu des services judiciaires avec au moins cinq signalements pour des actes de violence sexuelle, n'avait pourtant jamais fait l'objet d'une interpellation.
Lors d'une visite à l'hôpital Robert-Debré à Paris, le chef de l'État a reconnu que "la confiance dans nos institutions est mise à l'épreuve". Il a également souligné la nécessité de ne pas céder à la précipitation législative tout en faisant preuve de compassion : "Nos choix collectifs ne vont pas toujours vers les enfants", a-t-il admettre.
Des dysfonctionnements identifiés
La mort de Lyhanna a provoqué une onde de choc à travers le pays, déclenchant des manifestations dénonçant le traitement par la justice des violences sexuelles. Des centaines de citoyens ont exprimé leur colère, certains appelant même à la démission de Gérald Darmanin, le ministre de la Justice.
"Il est évident qu'il y a eu des dysfonctionnements manifestes. Nous devons désormais identifier les responsabilités individuelles et les défaillances systémiques au sein des services publics impliqués", a précisé Emmanuel Macron. Selon Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, le budget de la justice sera proposé en augmentation pour 2027, bien que son montant ne soit pas encore établi.
Dans le cadre de cette affaire, Gérald Darmanin et Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, ont lancé une enquête administrative confiée aux inspections générales de la gendarmerie et de la justice, dont les résultats seront attendus d'ici le 19 juin. Le président a également contré les critiques sur le manque de ressources, soutenant que le budget alloué à la justice a augmenté sous ses mandats. Toutefois, selon l’avocat des parents de Lyhanna, François Roujou de Boubée, ces augmentations de budget ne répondent pas aux besoins réels de l’institution.







