Affaire Jeremstar : l'observatoire s'inquiète pour la corrida

L'influenceur mis en cause dénonce la tauromachie, l'ONTC appelle à des sanctions.
Affaire Jeremstar : l'observatoire s'inquiète pour la corrida
Jeremstar, alias Jeremy Gisclon, ici lors d’une manifestation à la feria de Nîmes. © Crédit photo : GABRIEL BOUYS / AFP

L'association qui défend la tauromachie souhaite une requalification des faits après l'intrusion de l'influenceur Jeremstar dans les arènes de Nîmes. Le tribunal correctionnel de Nîmes a relaxé Jeremstar le 9 juin après son acte de protestation le 19 septembre 2025, durant une corrida. L'influenceur, jubilant à la sortie du tribunal, a appelé à poursuivre les perturbations lors des corridas. Face à cette situation, le parquet a décidé de faire appel de sa relaxe.

L'Observatoire national des cultures taurines (ONTC) considère que cette décision judiciaire est erronée et incite l'irresponsabilité. "En laissant passer cette irruption sur une base incorrecte, la justice envoie un message dangereux, comme le souligne l'ONTC, qui espère une requalification des faits". Ce dernier déclare : "C'est essentiel pour contrer ce type de comportement, en rappelant que la corrida, au même titre que d'autres spectacles, mérite protection".

Liberté d'expression et culture

À la différence d'autres formes de tauromachie qui sont encadrées par des fédérations sportives, la corrida n'a jamais été reconnue comme un sport. En effet, elle est inscrite au patrimoine culturel immatériel français depuis 2011. C'est donc une question de liberté d'expression qui est en jeu, explique l'ONTC dans un communiqué adressé au procureur de Nîmes. Ce dernier rappelle également que toute entrave à la création artistique est punie par la loi, avec des peines qui peuvent aller jusqu'à un an de prison et 15 000 euros d'amende conformément à l'article 431-1 du code pénal.

Citations d'experts

André Viard, président de l'ONTC, évoque des précédents juridiques qui pourraient influencer une condamnation lors d'un appel. "L'affaire Castellucci, en 2011, où des militants ont perturbé une pièce au Théâtre de la Ville, a mené à des condamnations pour entrave à la liberté d'expression. Cela montre que la contestation d'une œuvre est légitime, mais qu'interrompre une performance va à l'encontre de la liberté d'expression", a-t-il déclaré.

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