Réunis à Tivat, au Monténégro, les dirigeants de l’Union européenne et des pays des Balkans occidentaux se sont rencontrés pour revitaliser un processus d’élargissement longtemps considéré comme stagnant. Face aux enjeux de sécurité et à la nécessité d’intégration progressive, Bruxelles promet un avenir européen encourageant et crédible pour la région.
Vingt-trois ans après le sommet historique de Thessalonique ayant reconnu l’ambition européenne des Balkans occidentaux, les responsables de l’UE et des six pays de la région se sont retrouvés vendredi 5 juin pour un nouveau sommet. Ce rendez-vous a lieu dans un contexte géopolitique transformé par la guerre en Ukraine et la compétition d’influence entre grandes puissances. Le thème central, "Une prospérité et une stabilité partagées entre l’UE et les Balkans occidentaux", résume l’objectif de ces discussions.
Le Monténégro, candidat le plus avancé vers l’adhésion
Le choix du Monténégro comme destination de cette rencontre n’est pas anodin. Avec sa population de 620 000 habitants, ce petit pays fête cette année les vingt ans de son indépendance et se profile comme le candidat le plus avancé en vue de l’adhésion à l’UE. Il a ouvert tous les chapitres de négociation et en a déjà clôturé près de la moitié. Les autorités monténégrines espèrent finaliser les discussions d’ici fin 2028.
L’objectif principal de ce sommet est d’assurer que le processus d’élargissement n’est pas une promesse en l’air. L’adhésion européenne doit redevenir une perspective concrète pour les nations qui oeuvrent à leurs réformes. Les progrès réalisés seront valorisés selon la doctrine des "mérites propres" mise en avant par les délégués des Vingt-Sept.
L'UE mise sur une intégration progressive
Au-delà des négociations institutionnelles, l’UE mise sur une intégration progressive. Les dirigeants feront le bilan des avancées permises par un plan de croissance doté de près de six milliards d’euros, visant à intégrer les pays candidats à certaines politiques européennes avant leur adhésion officielle.
Des résultats tangibles sont déjà en cours. Plusieurs pays de la région rejoignent l’espace européen de paiement SEPA, facilitant les transferts bancaires, tandis que d’autres profitent d’accords inspirés du principe "Roam Like At Home" pour alléger les coûts de téléphonie mobile. L’intégration des réseaux énergétiques, des infrastructures de transport et d’autres programmes européens est aussi une priorité.
La France réaffirme son engagement dans la région
Pour la France, ce sommet représente l’occasion de renforcer son engagement dans une région souvent négligée. Emmanuel Macron effectue sa première visite en tant que président français au Monténégro à cette occasion. Paris désire intensifier sa coopération avec Podgorica dans divers domaines comme la santé, les infrastructures, l’énergie, la défense et la cybersécurité.
La lutte contre la désinformation et le développement d’un centre régional de cybersécurité établi dans la capitale monténégrine sont également des axes renforcés. Les Balkans, à l’instar de Kiev et de Chisinau, constituent donc un enjeu stratégique pour l’Europe, qui cherche à prouver que l’élargissement n’est plus une promesse lointaine, mais un processus en marche, essentiel à la stabilité du continent.







