Alors que près de 40 prétendants se disputent un seul et même siège, certains semblent plus préoccupés par leur image personnelle que par l'intérêt collectif. Ivan Rioufol s'interroge : la démocratie française peut-elle réellement désigner un leader capable de sortir la nation de sa crise identitaire ?
Les Français d'abord ! Ils ont le pouvoir de sauver une patrie meurtrie. Cependant, les candidats à la présidentielle, enivrés par des discours accrocheurs, contribuent à creuser le fossé entre le peuple et ses élites. Pour reprendre le pouvoir dans une démocratie qu'ils jugent confisquée, les citoyens doivent se lever contre une caste qui ne les considère plus.
Gabriel Attal, dans Le Parisien, affiche sa détermination à gagner, se joignant à une liste de candidats, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Plusieurs figures politiques, comme Éric Zemmour, déclarent également leurs ambitions. Pourtant, la majorité d'entre eux semblent ignorer ce sentiment généralisé d'abandon qui ronge la société française. Il est temps que les candidats abandonnent leur quête d'un destin personnel au profit d'une écoute sincère des préoccupations des citoyens ordinaires.
Éric Zemmour assure : « Le grand enjeu de 2027 sera celui de l’incarnation… le caractère est redevenu une question politique majeure. » Cependant, il omet de souligner l'importance de consulter le peuple par référendums et de mieux représenter la voix parlementaire. Les citoyens souhaitent reprendre la barre de leur destin, loin des ambitions personnelles qui les laissent indifférents.
Il est indéniable que l'homme seul, aussi sûr de lui soit-il, ne pourra que renforcer un système oligarchique empreint de méfiance. Ce modèle, d'essence quasi totalitaire, doit être rejeté. La révolution conservatrice, qui n'attend que d'être menée à bien, s'ancre dans le rejet des dogmes et de la verticalité autoritaire.
Les Français, de leur côté, ont développé un sens pratique et un pragmatisme salvateur, s'ancrant dans la "mémoire immémoriale de la Tradition", comme l'observe le sociologue Michel Maffesoli. Pour lui, « seuls les gens du peuple (…) sont capables de percevoir les changements en cours. » La société, enracinée et résistante, a appris à se débrouiller, à tisser des solidarités locales et à s'organiser via les réseaux sociaux.
Ce renouveau observé, décrit dans La Révolution des oubliés (Fayard), fait du peuple le véritable héros de cette histoire. Seul ce dernier peut se dresser face au despotisme et aux dérives d'une Europe supranationale. La Ve République doit s'adapter à cette nouvelle dynamique ou s'effacer. Il est impératif que les élus renouent avec l'humilité et redéfinissent leur mission en symbiose avec une France profonde, qui reste le cœur battant de la nation. Ce changement de paradigme doit se traduire par un "Nous" plutôt qu'un "Moi je". Car la valse des egos est décidément rédhibitoire.







