C'est un tournant qui illustre la dynamique politique actuelle en Seine-Saint-Denis : le Parti socialiste a subi un revers considérable face à La France insoumise (LFI). Le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a été élu à la tête de l'établissement public territorial Plaine Commune, succédant au socialiste Mathieu Hanotin.
Karim Bouamrane, le maire PS de Saint-Ouen, n’a pu que constater sa défaite avec 46 voix contre 32, tandis que le groupe communiste, représenté par Sofia Boutrih, a obtenu un seul suffrage. Bouamrane, conscient de la gravité de la situation, a même proposé de se retirer s'il en était de même pour son adversaire, illustrant ainsi la pression qui règne au sein du PS. Reconnaissant la dignité de Bagayoko, il souligne une réelle crainte : celle de voir une intercommunalité mal dirigée devenir la « base arrière » de Jean-Luc Mélenchon.
Un nouvel enjeu politique
De son côté, Bagayoko a promis de faire de l’intercommunalité un « outil politique dans l’intérêt des habitants », abordant des enjeux cruciaux tels que l'eau, les services publics et l’aménagement urbain. Cependant, il n’a pas hésité à critiquer son prédécesseur, le qualifiant de « lâche » pour ses manœuvres politiques. Cette affirmation pourrait être perçue comme une tentative de détourner l’attention de ses propres promesses de campagne, ce qui pourrait s’avérer délicat à concrétiser.
Le site réseau social des actuels élus du PS au sein de Plaine Commune se trouve ainsi ébranlé par cette défaite. Les communistes, ayant choisi de collaborer avec LFI, renforcent leur emprise, alors que la dynamique du PS paraît de plus en plus obsolète. Bien que la présidence du territoire soit encore aux mains des communistes, sept circonscriptions sur dix sont désormais détenues par les Insoumis.
La soirée, marquée par des échanges houleux, a vu des critiques acerbes à l’encontre du bilan du socialiste Hanotin, mais divers élus ont appelé à la sérénité, soulignant l’importance de l’unité dans cette période délicate. Avec la guerre des gauches en plein essor, il est évident que le paysage politique de Seine-Saint-Denis est en pleine mutation, et que le PS doit se repositionner pour éviter de tomber davantage dans l’oubli. L’enjeu est grand pour l’avenir de la gauche sur ce territoire stratégique.







