Le palais présidentiel a été perquisitionné le mardi 14 avril dans le cadre d'une enquête sur Shortcut Events, comme le rapporte Le Canard enchaîné. Cette société d'événementiel est connue pour avoir organisé des cérémonies officielles pour l'Élysée et a été responsable des cérémonies de panthéonisation pendant 22 ans.
Pour le président Emmanuel Macron, c'est la deuxième fois que l'Élysée est ciblé par une descente, après l'affaire Benalla. Ce mardi matin, la brigade financière anticorruption a mené une opération surprise au sein du palais, investiguant sur les marchés attribués pour ces événements prestigieux.
Selon les révélations de Le Canard enchaîné, la justice tente d'établir si Shortcut Events a bénéficié d'un soutien incertain de la part d'institutions comme le Centre des musées nationaux et le ministère de la Culture. La société aurait géré toutes les cérémonies de panthéonisation entre 2002 et 2024, incluant l'hommage à Mélinée et Missak Manouchian, des figures emblématiques de la résistance.
« Autour de 2 millions d’euros »
Comme l'indique l'hebdomadaire satirique, c'est toujours Shortcut Events qui remportait ces contrats, chaque panthéonisation étant facturée à l'État à hauteur de 2 millions d'euros. Une situation qui soulève des questions sur les liens entre cette entreprise et les hautes sphères du gouvernement.
Ce n'est pas la première fois que Shortcut Events remporte des contrats de grande envergure. Elle a également été sélectionnée pour organiser les célébrations des dix ans de la loi Taubira, la reconnaissance de la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, ainsi que pour l’inauguration de la Cité de la Francophonie en 2023 et la cérémonie du 80e anniversaire du Débarquement, prévue à Omaha Beach en juin 2024.
Cette relation privilégiée avec l'État a suscité des interrogations au sein de la justice française, comme le souligne le quotidien Humanité, interrogé sur ce sujet. L'affaire, aux implications politiques majeures, pourrait marquer un tournant dans la perception de la transparence au sein des institutions républicaines.







