Survivre à l'ombre d'Emmanuel Macron : le dilemme du macronisme en pleine crise

Dix ans après sa naissance, le mouvement de Macron se questionne sur son avenir.
Survivre à l'ombre d'Emmanuel Macron : le dilemme du macronisme en pleine crise
Le 6 avril 2026, Emmanuel Macron lançait En Marche ! AFP

Dix années d’existence. Habituellement, un tel anniversaire se célèbre, mais en Macronie, cette date n’a pas été honorée. Le 6 avril 2026, marquant les dix ans de la création d'En Marche, anciennement dirigé par Emmanuel Macron, n’a pas été un jour de célébration. À l’approche de la prochaine élection présidentielle, les membres du mouvement – et la classe politique – font face à un flou inquiétant.

Quel avenir pour En Marche, devenue La République En Marche (LREM), puis Renaissance ? La question se pose d’autant plus qu’Emmanuel Macron, une fois arrivé à l’Élysée, a souvent négligé la vie locale de son parti. Le macronisme peut-il perdurer sans son créateur, et surtout, comment peut-il le faire ? Qui pourrait réellement le représenter ?

En cette fin de quinquennat, ces questions cruciales hantent les esprits des partisans du dépassement et du fameux « en même temps » des débuts, tout comme ceux qui perçoivent le macronisme comme un simple fait transitoire dans la Ve République.

"Le macronisme n’est pas une parenthèse"

Les fidèles au président, tels que Gabriel Attal, semblent parfois réticents à revendiquer cet héritage. Attal, hésitant à se forger une stature présidentielle, peine à défendre les réalisations de Macron. Fin mars dernier, des personnalités comme Marc Ferracci et Stéphan Travert ont écrit pour suggérer un retour au nom originel du mouvement, En Marche. "Un parti sans histoire a du mal à se projeter dans l’avenir," ont-ils fait remarquer.

Cette caution historique se double d’un regard critique : certaines réformes, selon Ferracci, manquaient d’ambition. Bien qu’il soit convaincu qu’une attente subsiste chez les Français pour les principes qu’ils ont défendus, il rappelle la nécessité de garder une distance entre les actions de Macron et l’essor des extrêmes politiques.

À l’unisson, Clément Beaune, Haut-Commissaire au plan, renchérit : "Les intuitions sont toujours d’actualité, et le macronisme ne doit pas être perçu comme une simple parenthèse." Cette affirmation s’inscrit dans un contexte où des critiques se manifestent, soulignant que des promesses faites au début de sa présidence n'ont pas été tenues.

"Que n’a-t-il abîmé ou cassé ?"

La pertinence de la critique est d’autant plus marquée que nombre de réalisations de la majorité ont été remises en question. Benoît Hamon a même dénoncé, sur LinkedIn, un bilan accablant où le chômage est en baisse, tandis que la pauvreté atteint des sommets historiques. Il rappelle également le nombre alarmant de sans-abri et l’augmentation vertigineuse de la dette publique, sans oublier la tendance actuelle à une gouvernance plus fermée aux idées originales.

"Le pays est à risque d'un retournement politique majeur, avec les héritiers du passé à l'affût," avertit-il, s’interrogeant sur les résultats concrets de la politique de Macron.

La lettre d’Emmanuel Macron pour les 10 ans d’En Marche !
La lettre d’Emmanuel Macron pour les 10 ans d’En Marche ! DR

"On continue ! On ne lâche rien !"

À un an de la présidentielle, Emmanuel Macron, désormais isolé à l’Élysée, regarde vers l’international pour trouver une bouffée d’oxygène, une stratégie différente de celle de ses prédécesseurs. Il demeure très jeune, ce qui laisse penser à un retour en 2032, malgré les incertitudes qui pèsent sur son héritage.

Lors d’un discours aux Jeunes en marche, il a souligné l’importance de leur engagement pour le futur : "J’aurai besoin de vous dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans." Il a récemment adressé une lettre chaleureuse à ses militants, exprimant sa foi en la "dynamique qui s’installe." "On continue ! On ne lâche rien !" a-t-il conclu, réaffirmant que, dans le monde politique, la fin n’est jamais définitive.

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