Dans la nuit du 3 décembre 1999, un drame terrible se déroule au sein du prestigieux immeuble Belle Epoque à Monaco. C'est à 4h54 que les pompiers interviennent pour éteindre un incendie dans un appartement où se trouvent Edmond Safra, un affluant banquier libanais, et sa garde malade, Vivian Torrente. Alors que les secours tentent de maîtriser les flammes, ils découvrent tragiquement les corps sans vie des deux victimes, asphyxiés par les fumées.
Le récit des événements prend une tournure dramatique lorsque l'infirmier américain, Théodore Maher, se présente comme un survivant. Il prétend avoir été attaqué par des assaillants masqués. Pourtant, à mesure que l'enquête avance, les choses se compliquent. Lors d'un nouvel interrogatoire, Maher avoue avoir menti. Il explique avoir impulsé lui-même l'incendie pour attirer l'attention, une décision qui s'est révélée tragique et fatale.
Ce retournement de situation soulève de nombreuses interrogations sur les motivations véritables de Maher, qui semblait bien informé de la vulnérabilité de son employeur. Tristan Savin, expert en criminologie, avance que « la peur d'une conspiration pourrait avoir poussé Maher à commettre cet acte désespéré, craignant pour sa sécurité et son emploi ». Selon Le Figaro, Edmond Safra avait en effet exprès transformé son appartement en forteresse, redoutant des représailles en raison de ses révélations sur des activités de blanchiment d'argent impliquant des groupes criminels russes.
Maher, reconnu coupable d'homicide involontaire, écope d'une peine de dix ans de prison. À sa sortie en 2007, il témoigne dans un documentaire et clame son innocence, insinuant que ses aveux auraient été extorqués par la police monégasque. Michel Henry, journaliste qui a couvert le procès, précise que « certains membres de la profession doutent encore de la version officielle des événements ». Présent en 2022, Maher se retrouve à nouveau dans le viseur de la justice pour des actes criminels sans rapport avec l'affaire Safra, ce qui jette davantage de doute sur son caractère.
Alors que cette tragédie continue d'attirer l'attention des médias, le juge d'instruction dans l'affaire, Jean-Christophe Hullin, souligne que « les mystères de cette affaire sont nombreux et n'ont pas encore trouvé de réponses satisfaisantes ». Les spéculations autour de l'implication potentielle d'autres parties restent enflées, alimentant le débat public sur la vérité derrière la mort d'Edmond Safra, dont l'héritage financier et personnel continue de faire parler de lui dans les sphères élégantes de Monaco.







