Faustin Archange Touadéra, président de la République centrafricaine depuis 2016, a été réélu à la tête du pays avec une nette majorité de 77,90% des voix selon les résultats finaux du scrutin du 28 décembre, déclarés par la Cour constitutionnelle lundi dernier.
Son adversaire principal, Anicet George Dologuélé, ex-Premier ministre, a dénoncé d'importantes irrégularités lors du vote, qualifiant le scrutin de « fraude massive ». Dologuélé a terminé deuxième avec 13,50% des voix, et son recours en annulant les résultats provisoires a été rejeté par la Cour constitutionnelle.
Critiqué pour l’adoption d’une nouvelle constitution en 2023, qui le maintient au pouvoir, Touadéra doit faire face à des tensions politiques croissantes. Les résultats ont constaté un taux de participation de 52,43% pour ces élections, comprenant un quadruple scrutin (présidentiel, législatif, régional et municipal) réalisé dans un contexte de sécurité tendu.
Henri-Marie Dondra, un autre opposant, a terminé troisième avec 2,97% des voix. Il avait appelé à l'annulation des élections, mais a finalement décidé de ne pas contester la décision. Dans le cadre de ces événements, le quotidien Le Monde a souligné le climat précaire qui règne dans le pays, riche en ressources comme l'uranium, le lithium et les diamants, mais souffrant d'une extrême pauvreté.
Un large consensus parmi les analystes prévoit des défis majeurs pour le troisième mandat de Touadéra, qui commence alors que 71% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, selon l'ONU. Les efforts de stabilisation du pays, entamés suite à des accords de paix signés en 2025, doivent se poursuivre, mais restent fragiles. Le président a affirmé que son mandat sera centré sur la stabilisation et le développement économique.
Les groupes armés, malgré des efforts de pacification, continuent de produire des tensions sécuritaires, en particulier à l'est du pays. Comme indiqué par France 24, la présence de mercenaires russes du groupe Wagner, qui assistent les forces armées centrafricaines, entraîne des tensions et soulève des questions sur la souveraineté du pays.
En somme, la réélection de Touadéra marque une continuité dans un pays au passé tumultueux, mais les défis pour la société centrafricaine, déjà éprouvée par de nombreuses crises, demeurent énormes. Au cœur de la conscience collective, l'espoir d'une amélioration véritable pourrait bien dépendre de la volonté du nouveau gouvernement de mener à bien des réformes structurelles et d'éradiquer la pauvreté.







