La Colombie a récemment intensifié ses mesures de sécurité à la frontière avec le Venezuela, mobilisant des chars d'assaut et des soldats habituellement affectés à la lutte contre les guérillas. Cette décision intervient après l'intervention militaire des États-Unis qui a conduit à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, accusé de narcoterrorisme.
Sur ordre du président colombien, Gustavo Petro, des troupes ont été déployées le long des principaux points de passage avec le pays voisin, prévoyant d'éventuels mouvements migratoires massifs et des activités criminelles profitant du désordre. L'AFP a rapporté la présence accrue de militaires sur les ponts reliant le département de Norte de Santander à l'État de Tachira, au Venezuela.
Dans le cadre de cette opération, le ministre de la Défense, Pedro Sanchez, a déclaré que le narcotrafic représente un « ennemi » commun des deux nations. Cette inquiétude est corroborée par le contexte de tensions croissantes entre Washington et Caracas, avec des promesses de transition politique sécurisée pour le Venezuela, émises par le président américain Donald Trump.
Bien que la situation à la frontière ait amené à des craintes de crise humanitaire en raison des mouvements de population, le flux de migrants semble jusqu'à présent plus faible que prévu. Selon l’ONU, huit millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2014, cherchant refuge en Colombie. Le pont Simon Bolivar, principal point de passage, a cependant affiché une activité réduite.
Selon des témoignages recueillis, l'arrestation de Maduro fait naître des espoirs de retour parmi certains Vénézuéliens. Un homme de 46 ans, qui a requis l'anonymat de peur de représailles, a affirmé que cela pourrait être « une lumière au bout du tunnel » pour son pays. Kevin Herrera, un jeune serveur, a lui aussi exprimé son désir de retourner au Venezuela, estimant que « rien ne vaut sa terre natale ».
Les experts soulignent que cette situation instable pourrait exacerber les tensions dans la région, comme l'indique le rapport de Le Monde, alertant sur le risque que des groupes armés exploitent le vide de pouvoir engendré par l'incertitude politique au Venezuela.







