À l'occasion des 250 ans de l'indépendance des États-Unis, un voyage sur les traces d'Étienne Girard (1750-1831) rappelle l'impact des Bordelais sur l'histoire américaine. Girard, armateur, négociant et philanthrope, reste une figure emblématique à Philadelphie, où son nom habille plusieurs rues, un collège et même une banque.
Né rue Ramonet dans le quartier des Chartrons, Girard est issu d'une famille de neuf enfants de négociants. À 13 ans, il embarque sur un navire, et à peine une décennie plus tard, il prend les commandes d'un bateau. À 27 ans, il possède déjà son propre navire, marquant ainsi ses débuts dans le commerce maritime.
Discret et borgne, Girard se distingue par son sens aigu des affaires. Ses échanges commerciaux s'étendent de Bordeaux aux Antilles et à New York, où il apporte des ressources vitales pour les soldats pendant la guerre d'indépendance. En 1776, il s'établit à Philadelphie en pleine tourmente, une ville à l'image de son Bordeaux natal.
Un acteur clé de la guerre d'indépendance
Conscient de l'importance de subvenir aux besoins des troupes, Girard se met rapidement au service de la cause américaine. En 1778, il prend la nationalité américaine et modifie son prénom pour Stephen. Sa fortune croissante l'amène à racheter 90 % de la Bank of the United States en 1791, jouant un rôle essentiel dans le financement de l'effort de guerre.
Pendant la guerre de 1812 contre l'Angleterre, Girard utilise sa fortune pour financer les efforts militaires. Son engagement pour Philadelphie ne faiblit pas ; lors d'une épidémie de fièvre jaune, il ouvre un hôpital et se dévoue à la population.
Une légende philanthropique
Décédé en 1831, Stephen Girard était alors l'un des hommes les plus riches des Etats-Unis. Il consacre sa fortune à des œuvres caritatives, destinant une immense somme à un collège pour orphelins à Philadelphie. Sa connexion à Bordeaux demeure vivante, affichant des paysages de sa ville natale dans son bureau et intégrant des références culturelles françaises dans ses affaires.
Le parcours d'Étienne Girard est un rappel poignant de la contribution des Bordelais à l'histoire américaine, marquant le 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis d'une empreinte indélébile.







