Le Parlement européen a inscrit son approbation finale, ce mardi, à l'accord commercial négocié l'année dernière avec l'administration Trump, dans l'espoir de restaurer des relations transatlantiques éprouvées par des mois de tensions.
Les députés, réunis à Strasbourg, ont voté massivement en faveur de cet accord (440 voix pour, 151 contre, et 50 abstentions), qui prévoit la suppression des droits de douane sur une grande majorité des produits industriels et agricoles en provenance des États-Unis.
Cet engagement constitue la réponse des Européens à la décision prise l'été dernier à Turnberry en Écosse, où le plafonnement des taxes imposées par le président américain sur les importations en provenance de l'UE a également été décidé.
Les eurodéputés, initialement préoccupés par les déséquilibres du traité, ont trouvé un terrain d'entente grâce à une série de garanties destinées à protéger les intérêts européens face aux exigences américaines. Ils demeurent profondément marqués par des crises répétées, telles que les menaces d'annexion du Groenland et des sanctions contre des personnalités européennes comme Thierry Breton.
En amont du G7 à Évian, Trump a ravivé les tensions en menaçant de surtaxer les produits français comme le champagne en réaction à la taxe sur les services numériques. Ce climat d'incertitude a pesé sur le débat autour de l'accord.
Dans le cadre du compromis trouvé en mai avec les États membres, une clause de caducité (ou "sunset clause") a été incluse, permettant la résiliation automatique de l'accord à la fin de 2029, sauf si un nouvel accord est négocié d'ici là. En outre, la Commission européenne pourra suspendre l'accord si les surtaxes sur l'acier et l'aluminium ne sont pas levées par Trump.
"Le vote d'aujourd'hui est une avancée significative, nous consolidons notre position face aux Américains", a déclaré Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne, lors d'un débat à Strasbourg.
Les eurodéputés estiment que les protections mises en place les mettent à l'abri de chantages. Bernd Lange, eurodéputé sozial-démocrate allemand, a déclaré : "Nous ne céderons à aucun chantage et agirons si les engagements ne sont pas respectés".
Le groupe PPE (Parti populaire européen) a soutenu l'accord, soulignant l'importance des échanges commerciaux avec les États-Unis. Zeljana Zovko, élue du PPE, a noté qu'il s'agissait d'un choix stratégique pour renforcer le partenariat transatlantique.
"Nous avons tenu bon face aux manœuvres coercitives de Trump", a ajouté Karin Karlsbro, eurodéputée. Cependant, des voix à gauche, comme celle d'Emma Fourreau (La Gauche), ont qualifié ce vote de "humiliation pour l'Union européenne".
L'approbation des 27 États membres reste à obtenir pour finaliser la ratification, ce qui est crucial avant l'échéance du 4 juillet fixée par Trump pour l'Europe de respecter ses engagements.







