Le scrutin présidentiel au Pérou se joue dans une compétition acharnée. Keiko Fujimori, l'héritière de l'ancien président Alberto Fujimori, pourrait bien remporter cette élection décisive.
Un comptage délicat
Pour la quatrième fois, Keiko Fujimori est proche de son objectif. Hier, elle a réussi à passer devant son concurrent de gauche, Roberto Sanchez, alors qu’il ne restait que 1,5 % des votes à dépouiller. Avec un maigre avantage de 0,006 %, soit environ 5 000 voix sur 27 millions d’électeurs, certains experts locaux estiment que la tendance penche en sa faveur. Comme l’a affirmé Alfredo Torres, directeur de l’institut IPSOS, « elle a su mobiliser le vote d’étranger, un soutien massif ». En effet, lors des élections précédentes, 70 % des votes des électeurs résidant à l'étranger lui avaient été attribués.
Pourtant, l’ONPE, l’organisme électoral péruvien, a annoncé qu’il ne publierait pas les résultats officiels avant la mi-juillet, prévoyant des vérifications nécessaires.
Dans ses précédentes tentatives, Keiko a souvent frôlé la victoire : 48,6 % en 2011, 49,8 % en 2016, et 49,9 % en 2021. Une victoire à ce tour-ci lors de cette présidentielle, marquée par une forte rivalité, semblerait s’inscrire dans une continuité des luttes électorales qu'elle a menées.
Un parcours marquant
La carrière politique de Keiko a démarré de façon inattendue, lorsque son père a été élu président en 1990. Succédant à des défis majeurs, il a réussi à transformer le Pérou en quelques années. À l'époque, Keiko, âgée de 19 ans, entre dans l'arène politique après un divorce tumultueux de ses parents. Prise sous l’aile de son père, elle participe activement à ses campagnes sans jamais faillir. La chute de son père en 2000, suite à des scandales, ne freine pas ses ambitions, mais lui permet d'apprendre dans l'ombre du pouvoir.
Son mariage en 2004 avec Mark Vito Villanella scelle son engagement politique, faisant d'elle l'héritière naturelle des valeurs fujimoristes. En 2006, elle remporte une place au Congrès, devenant rapidement une figure centrale du mouvement, tandis que son père, après avoir été arrêté au Chili, se voit condamné pour des crimes de guerre. Keiko a toujours dénoncé ce verdict, le qualifiant de politique.
Sa carrière n’a pas été sans embûches, ayant même été incarcérée pour des soupçons de corruption. Pendant cette épreuve, elle déclare avoir retrouvé la foi. Aujourd'hui, elle se positionne comme la candidate anti-système face à une criminalité croissante, promettant de construire de nouvelles prisons et de confier la sécurité à l'armée.
En somme, Keiko Fujimori, forte de son héritage et de ses expériences, incarne une droite déterminée, misant sur la croissance économique et la sécurité, tout en aspirant à réhabiliter le nom de son père. Elle pourrait bien être à un pas de son rêve d’accession à la présidence du Pérou.







